La Moselle avec DSK

Le blog de Socialisme et Démocratie et du comité de soutien à DSK en Moselle

02 mai 2007

DSK est prêt au côté de Ségolène Royal

arton10250_f9cafDominique Strauss-Kahn, qui ferait « un très bon premier ministre » selon Ségolène Royal, était interviewé par Jean-Michel Apathie sur RTL ce matin. DSK a affirmé qu'il « se portait garant de la façon dont la politique économique pourra être conduite » en cas de victoire de la gauche.

« La politique économique que présente Ségolène Royal est innovante, elle est adaptée à la mondialisation et elle préparera mieux la France à l'avenir que la politique de Nicolas Sarkozy », notamment parce que « Nicolas Sarkzoy, cela va être le conflit. Le sujet qui a été mis sur la table, c'est finalement de savoir si les propositions de Ségolène Royal sont solides, sont crédibles. Et moi je réponds oui », a-t-il dit.

L'ancien ministre de l'économie a estimé qu'entre Ségolène Royal et François Bayrou, « sur de nombreux sujets on a vu des proximités, et puis on a vu des différences notamment en matière économique et c'est bien normal ». Dominique Strauss-Kahn a fait valoir qu'entre 1997 et 2000, lorsqu'il était à Bercy, François Bayrou n'avait pas émis de critiques à part sur les 35 heures.

« Je m'étais préparé à être le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle, et donc, m'étant préparé à cela, je me sens prêt à autre chose », a déclaré le député du Val d'Oise.

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01 mai 2007

DSK sur RTL demain matin

Dominique Strauss-Kahn sera l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL demain matin mercredi 2 mai à 8h30, au lendemain du grand meeting-concert de Ségolène Royal au stade Charléty et quelques heures avant le grand débat Ségolène contre Sarko à 21h.

Bonne écoute

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27 avril 2007

L'heure de DSK est arrivée

Le quotidien Le Monde publie aujourd'hui cette tribune qui constate la position désormais centrale de DSK au sein de la gauche française

7972467L'heure de Dominique Strauss-Kahn est-elle arrivée ? Cinq mois après avoir été battu à plate-couture par Ségolène Royal aux primaires du PS (il recueillit 20,6 % des voix des militants, contre 60,7 %), il apparaît incontournable dans la stratégie d'entre-deux tours de la candidate socialiste. Considérant comme quasi-acquises, au nom du front anti-Sarkozy, les voix qui se sont portées sur l'extrême gauche et les Verts au premier tour – cinq candidats sur six ont peu ou prou appelé à voter pour elle au second –, Ségolène Royal ne peut espérer conjurer l'arithmétique électorale, qui semble rendre la droite imbattable, qu'en élargissant son assise vers le centre. François Bayrou ayant décliné l'offre de ralliement qui lui a été faite, "DSK" s'impose comme l'homme du recentrage au sein du PS.

N'ayant jamais renoncé à son choix de la social-démocratie, défendue mordicus avant, pendant et après les primaires, il est le plus crédible aujourd'hui pour tendre la main aux libéraux modérés que Nicolas Sarkozy effraie mais que le " pacte présidentiel " de la candidate PS laisse dubitatifs. Ceux-là même qui constituent une bonne part des 6,8 millions d'électeurs du candidat de l'UDF.

L'ancien ministre de l'Economie et des Finances de Lionel Jospin offre une image de compétence et de réalisme de nature à les rassurer. "Si nous ne sommes pas capables de montrer que notre modèle de solidarité peut survivre dans la compétition internationale et qu'il peut aussi apporter à la France la compétitivité nécessaire, alors les Français voteront pour Nicolas Sarkozy", disait-il dès novembre dans Le Monde. "Remettons les solutions – notamment économiques et sociales – au coeur de la campagne présidentielle", insistait-il en mars.

L'économie est le point fort de ce diplômé d'HEC, proche d'un certain patronat "éclairé" – il fonda avec Raymond Lévy, l'ancien PDG de Renault, le Cercle de l'Industrie en 1994. C'est Dominique Strauss-Kahn qui, à Bercy entre 1997 et 1999, permit à la France de se qualifier pour l'euro, en ramenant les déficits publics sous la barre fatidique des 3% imposés par le traité de Maastricht. C'est lui encore qui lança la vague de privatisations décidées sous le gouvernement Jospin : 31 milliards d'euros d'actifs publics mis sur le marché financier, soit autant que Jacques Chirac et Edouard Balladur réunis dans les années 1980 et 1990 ! Un bilan qui vaut à DSK une défiance tenace de la part de la gauche du parti socialiste. Elle s'inquiète d'ailleurs bruyamment, depuis mardi, de voir Ségolène Royal céder si vite aux sirènes du recentrage. La marge de manoeuvre est certes étroite pour le duo Royal-DSK, mais pour espérer l'emporter, la gauche a-t-elle le choix ?


Pascal Galinier

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26 avril 2007

Changer la donne pour la France

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"Nous avons là une occasion historique de faire que la donne change"

Dominique Strauss Kahn sur Europe 1.

"Nous avons là une occasion historique de faire que la donne change. Elle est entre les mains de tous, il n'y a pas de négociations", affirme Dominique Strauss Kahn. "Il ne faudrait pas que, simplement parce qu'on ne s'est pas assez parlé, parce qu'on n'a pas voulu se parler, on reste dans la bonne vieille politique traditionnelle où le centre va aller suivre la droite comme il l'a toujours fait".

"Nous avons la possibilité entre les mains de changer la donne en France, de faire que le changement existe vraiment dans les idées, dans les politiques, ou bien la continuité, c'est-à-dire ce qui s'est passé depuis cinq ans", ajoute-t-il, soulignant la nécessité de "sortir du vieux clivage" droite-gauche.

Et si François Bayrou, qui doit s'exprimer sur ses intentions lors d'une conférence de presse mercredi après-midi, "ne vient pas discuter, s'il ne se passe rien", alors "on reste dans la vieille tradition, c'est-à-dire que finalement, malgré toutes ces déclarations, le centre ne sera qu'un appendice de la droite".

Réaffirmant sa volonté de bâtir "la maison du renouveau" et "une nouvelle donne", Dominique Strauss-Kahn a dit en avoir "assez de voir la gauche s'enferrer petit à petit dans des dogmes du XXe siècle". "J'en ai assez de voir le Parti socialiste s'enfermer pour des décennies peut-être dans l'opposition parce qu'il ne voudra pas ouvrir les yeux sur le monde".

Interrogé sur le désir de France "arc-en-ciel" avancé par Ségolène Royal, il souligne que l'ouverture au centre était "la stratégie de sortir du gris et de voir toutes les couleurs".

"J'ai confiance dans la victoire, d'un côté, de Ségolène Royal, et, derrière, dans la possibilité de faire vivre dans notre pays une force de gauche et de centre-gauche qui sera totalement différente de ce qu'on a connu pendant le siècle qui vient de s'écouler".

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24 avril 2007

DSK demain matin sur Europe 1

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, alors que le moment politique est crucial pour l'avenir de la France, Dominique Strauss-Kahn sera l'invité demain matin à 8h20 de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

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23 avril 2007

Pour DSK la victoire est possible

Bonjour à toutes et à tous,

dskappelLa victoire est possible. Pour cela, il faut bâtir la maison du renouveau. La victoire de Ségolène Royal au deuxième tour de l'élection présidentielle ne peut pas se construire uniquement sur un rejet de Nicolas Sarkozy. Elle se fera sur une volonté de changement. Ce qui compte aujourd'hui, c'est que l'élection présidentielle permette le renouveau.

Ce renouveau, ce sont les thèmes sur lesquels nous devons intervenir dans les deux prochaines semaines, ce sont les réformes que les Français appellent de leurs voeux. Les électeurs se rendront compte que le changement auquel ils aspirent ne peut pas se faire avec le candidat de la majorité sortante, Nicolas Sarkozy. C'est en se battant projet contre projet que nous l'emporterons.

Quelques grands thèmes sont apparus pendant la campagne : la rénovation de l'approche économique et sociale, la révolution écologique, la réforme institutionnelle et la relance du processus européen. Ces quatre piliers sont l'essence même d'un progamme social-démocrate nécessaire pour bâtir la France et l'Europe de demain.

Le résultat du second tour ne naîtra pas d'accords de partis ou de négociations. Ceux qui veulent ce renouveau doivent se ranger derrière Ségolène Royal.

dsk

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14 mars 2007

Dominique Strauss-Kahn en colère

dskredAujourd’hui, je suis en colère.

L’élection de 1995. Les Français ont soldé les comptes des deux septennats de François Mitterrand pour embrasser l’illusoire engagement du combat de Jacques Chirac contre la fracture sociale.
L’élection de 2002. Les électeurs, dans un élan républicain sans précédent, ont rejeté massivement l’extrême droite et la politique du pire de Jean-Marie Le Pen.
L’élection de 2007. Sera-t-elle la promesse bafouée d’un vrai débat sur l’avenir de la France ?

Une fois encore, on prive les Français d’un vrai débat sur le projet de société qu’ils appellent de leurs voeux. On les infantilise.

Sondages à la hausse pour les uns ou à la baisse pour les autres. Commentaires évidemment savants sur leur fiabilité supposée. Sondages sur l’intérêt des sondages ! Rumeurs habilement distillées par tel commentateur ou tel éditorialiste sur l’ambiance au sein des équipes de campagne. Partage fumeux d’hypothétiques strapontins ministériels alors que le second tour de l’élection est dans 55 jours ! Et même, dernièrement, mise aux enchères d’un parrainage d’élu !

Nous marchons sur la tête. J’enrage !

Les questions centrales sont esquivées, évacuées, passées sous silence. Ce sont les signes d’un pays qui doute, d’une République qui va mal et d’une démocratie qui étouffe.

La France et les Français méritent un vrai débat avec de vraies réponses à leurs interrogations. D’abord, une réponse à leurs préoccupations quotidiennes. Le pouvoir d’achat, la lutte contre le inégalités, le plein emploi, la nécessaire maîtrise de notre dette, le retour de la croissance : voilà les thèmes qui devraient être au coeur de la campagne que nous menons face à la droite.

Ensuite, l’avenir et le chemin que nous voulons tracer pour la France de demain. La relance européenne, l’éducation, nos universités et notre recherche, la question du vieillissement et, bien sûr, nos engagements environnementaux, qui sont désormais le dénominateur commun à l’ensemble des politiques que nous voulons mettre en place : voilà les questions essentielles que le prochain chef de l’Etat devra trancher. Ségolène Royal a proposé, mais personne ne veut échanger, de peur de se découvrir.

Les vrais sujets sont désespérément absents de la campagne. On préfère commenter, gloser, pontifier.

Nous sommes à l’heure des choix qui engageront la France pour les prochaines décennies. L’urgence de la situation économique et sociale impose un débat « projet contre projet ». Le temps presse ! Nous avons moins de six semaines avant le premier tour.

Alors, allons voir les Français avec le pacte présidentiel que nous défendons et parlons-leur, enfin, de politique.

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13 mars 2007

Bayrou-Sarkozy : "un non-choix" selon DSK

Dominique Strauss-Kahn était l’invité de Christophe Barbier sur LCI hier. Il revient sur le départ de Chirac et sur le temps perdu pendant ces deux mandats. Au programme : les éléphants, le programme de Royal, l’économie, la nécessité d’un second tour Royal/Sarkozy et la campagne présidentielle.

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09 mars 2007

Dominique Strauss-Kahn renvoit Bayrou dans ses cordes

Interview de DSK dans Le Monde du samedi 9 mars 2007

Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire… Pourquoi ?

Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.

C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique – et je l'y encourage ! –, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.

Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?

Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le "pacte présidentiel" auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Le candidat centriste est donc compatible avec la gauche ?

La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions – notamment économiques et sociales – au cœur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.

Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?

Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.

La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?

La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.

Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles…

Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités… sous le regard des Français.

Quelle relance faut-il pour l'Europe ?

Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.

Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le "mini-traité" version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité "moins". Nous avons besoin d'un traité "plus", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe trop libérale.

Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?

S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité "plus", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.

La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?

Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale – avec des actifs français et allemands – et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère – qui appuyait cette démarche – a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.

Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?

Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.

Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?

Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.


Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud

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07 février 2007

EUROPE: FAIRE ENTENDRE NOTRE VOIX

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Le quotidien Le Monde a publié hier la tribune suivante de Dominique Strauss-Kahn sur la France et l'Europe (ici au format pdf).

Il faut prendre la mesure de l'événement, considérable. Le 26 janvier, pour la première fois depuis cinquante ans, les principaux pays européens se sont réunis sans la France pour évoquer l'avenir de l'Europe.

Pendant ce temps, la France se tait. Après un accès de courroux, ou de mauvaise humeur, elle tente de minimiser la rencontre. De faire comme si l'Europe n'existait plus, comme si, dans un monde de plus en plus incertain et dangereux, le devenir de notre pays pouvait s'imaginer sans une Europe forte.

Cette politique de l'autruche ne peut plus durer.

Je comprends la volonté des pays réunis à Madrid de voir leur propre vote, différent du nôtre, respecté. Pourtant, la réunion de Madrid, sans la France, est un précédent désastreux. Laissera-t-on l'Allemagne penser qu'elle doit se tourner vers d'autres partenaires privilégiés pour avancer ? Laissera-t-on la dynamique Espagne se convaincre que le voisin du nord des Pyrénées est défaillant ? Laissera-t-on l'Italie que nous avons emmenée avec nous dans l'euro croire que décidément rien ne viendra plus de Paris ?

Il est plus que temps que la France parle. Il s'agit de rétablir la confiance des Français dans la marche de l'Union tout autant que de faire savoir à nos partenaires que la France a un projet d'avenir pour l'Europe qu'elle entend discuter, négocier, partager, dans la confiance due à ses partenaires européens, mais aussi dans l'exigence qu'imposent les attentes du peuple français.

La négociation sera rude, âpre, comme toujours. Ce sera du donnant-donnant. Mais rien n'est pire que l'absence et le silence, qui laissent s'installer le doute sur la volonté de vivre et de construire ensemble. Il ne s'agit pas de consentir à je ne sais quel reniement devant les dix-huit pays qui ont ratifié le projet de traité constitutionnel et qui se sont réunis le 26 janvier à Madrid, d'exprimer une nostalgie ou une volonté de revanche sur le vote du 29 mai 2005. La décision du peuple français rejetant ce projet de traité doit évidemment être pleinement assumée.

Elle comportait certes une forte composante nationale de rejet du président de la République, de son gouvernement et de sa majorité. Mais le vote des Français, de ceux qui ont voté non, portait aussi, fondamentalement, une profonde insatisfaction à l'égard de l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui. Une Europe insuffisamment démocratique ; une Europe aux frontières trop floues ; une Europe trop molle face aux dérives de la mondialisation ; une Europe trop chiche face aux inégalités de développement économique et social ; une Europe trop silencieuse face aux désordres du monde. Une bonne partie de ceux qui ont voté oui, comme moi, n'ignoraient pas ces insuffisances.

Les partenaires européens qui ont ratifié le projet de traité constitutionnel doivent et devront entendre cela : le peuple français a rejeté ce projet. Rien ne pourra être fait comme si cette décision n'avait pas été prise. Nous ne pourrons pas accepter un nouveau vote de ce projet. Nous ne pourrons pas nous contenter de quelques habillages de circonstance. Cette aspiration à un autre cours européen doit être portée avec fierté, enthousiasme et rigueur, dans une négociation sérieuse et fondatrice avec nos partenaires. Mais pour que la négociation se noue, encore faudrait-il que nos partenaires sachent ce que nous voulons. C'est ce qu'attendent tout particulièrement nos amis allemands, qui tenteront dans les prochaines semaines, présidant l'Union européenne, de relancer le projet commun. Celles et ceux qui croient que le silence peut être fait sur le débat européen se trompent. Ni les Français, ni les autres Européens, ni même les peuples du Sud qui attendent de l'Europe qu'elle assume ses responsabilités, ne le pardonneraient.

Il nous faudra entendre, comprendre ce qui, dans le projet initial de traité, est le plus indispensable à nos partenaires et pourra être acceptable par le peuple français. Chacun sait bien par exemple qu'une clarification des compétences entre l'Union et les Etats membres est indispensable pour un Etat fédéral comme l'Allemagne ou fortement décentralisé comme l'Espagne. Cette démarche permettrait dans le même temps de répondre au souci des Français de voir respecter l'identité nationale.

Chacun sait aussi que nombreux sont nos partenaires qui souhaitent disposer d'une véritable diplomatie européenne, avec un ministre européen des affaires étrangères doté de services propres. Cela correspond au souhait des Français de voir l'Europe porter, pacifiquement, les valeurs de paix, de développement et de démocratie, et contribuer à un monde plus équilibré, alors que menace le choc des civilisations, nourri à la fois par la montée du terrorisme et par l'unilatéralisme de l'administration Bush.

Il nous faudra surtout savoir, et faire savoir à nos partenaires, ce que le peuple français attend pour adhérer à nouveau au projet européen et, à terme rapproché, à un traité. J'ai la conviction, comme la chancelière Angela Merkel, que la réforme institutionnelle est indispensable, que le processus doit être achevé avant les élections européennes de 2009, et qu'un nouveau revers serait pour l'Europe un échec historique.

La France aurait dû être présente à Madrid le 26 janvier. Elle aurait pu y faire valoir cinq ambitions pour retrouver le chemin de la construction de l'Europe :

- plus de démocratie pour l'Europe, car la contradiction entre l'extension des compétences de l'Union, d'une part, et son fonctionnement largement encore technocratique, d'autre part, est devenue intenable. Le Parlement européen doit, avec des pouvoirs accrus, être au coeur d'une nouvelle démocratie européenne. En défaisant la directive Bolkestein sur les services, il a fait la démonstration de sa capacité à entendre les aspirations des Européens ;

- des moyens budgétaires sérieux pour réduire les inégalités de développement dans l'Europe élargie, lutter contre le dumping social, fiscal et environnemental, soutenir les politiques d'avenir pour la connaissance, l'énergie, le développement durable et le développement au sud de la Méditerranée, notamment pour maîtriser les flux migratoires ;

- un gouvernement économique de l'Europe permettant de remettre la croissance et l'emploi au coeur de la politique économique en accompagnement de la monnaie commune ;

- de nouveaux droits sociaux pour les Européens, à travers l'intégration de la Charte des droits fondamentaux, mais aussi la reconnaissance des services publics ou la création d'un salaire minimum dans chaque pays de l'Union. Le prochain traité devra être un traité social ;

- une clarification des frontières de l'Europe, les prochains élargissements devant être précédés par un approfondissement et une plus grande efficacité du projet européen. Avant de continuer à élargir - ce qui m'apparaît toujours souhaitable à terme pour les Balkans et la Turquie -, il faudra avoir retrouvé l'adhésion des Français et de tous les Européens au projet commun.

Tous ces éléments doivent être discutés, négociés avec nos partenaires, très rapidement. La France ne peut continuer à être silencieuse. Elle ne peut laisser faire sans elle. Ce n'est pas ce que les Français ont voulu. Pour la France, pour l'Europe, il est temps de parler et de se remettre au travail. Le temps des propositions précises pour la relance de l'Europe politique viendra, aujourd'hui j'en appelle au réveil des voix européennes en France.

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