La Moselle avec DSK

Le blog de Socialisme et Démocratie et du comité de soutien à DSK en Moselle

13 mai 2007

Intervention de Dominique Strauss-Kahn au Conseil national

dsk5Mes camarades, dès dimanche soir, j’ai parlé de défaite, certains ont crié au scandale, je crois qu’ils ont tort, je crois que nous avons intérêt à dire la vérité et à faire comprendre aux Français que nous sommes capables de regarder la vérité en face. Certains y ont vu une attaque contre Ségolène Royal, tant on aime opposer les socialistes les uns aux autres.

Il paraît que j’avais un visage dur, oui, j’avais un visage dur, pas contre notre candidate, Ségolène Royal, j’ai fait sa campagne, j’ai fait acclamer son nom par des dizaines de milliers de gens venus dans les meetings, et je suis fier de l’avoir fait, donc ne nous donnons pas des leçons les uns aux autres, mais j’avais un visage dur parce qu’il y a de la dureté dans la douleur de la défaite, pas dans la dureté dans une quelconque médiocre vengeance des uns par rapport aux autres.

Donc je ne veux pas qu’il y ait de méprise entre nous, ni réelle, ni a fortiori feinte.
Sur le fond, je persiste. Nous avons vécu une élection présidentielle qui nous conduit à un résultat qui, malheureusement, est incontestable, c’est quand même la troisième défaite présidentielle que nous enregistrons, un résultat qui, je crois, était évitable, parce que sinon, les uns et les autres qui avons passé notre temps sur les tribunes vis-à-vis des camarades et vis-à-vis des électeurs, à leur dire qu’on pouvait gagner, on a raconté des histoires, et si on n’a pas raconté des histoires, c’est bien qu’on pensait, et moi je le pensais, comme vous, qu’on pouvait gagner, donc c’est bien que c’était évitable, et que je crois grave, parce que cela a été dit devant moi, je ne suis pas long là-dessus, la victoire de Nicolas Sarkozy, ce n’est pas seulement la victoire de la droite, c’est la victoire d’une droite qui veut implanter en France un modèle de société différent. Ce n’est pas la bonne vieille droite telle qu’on la connaissait, et les épisodes nautiques de ces derniers jours ont bien montré quand même que c’était une droite modèle américain, on peut appeler cela comme on veut entre nous, mais on se comprend bien, une droite où la seule référence dans la société, c’est le fait de gagner de l’argent et où on est décomplexé vis-à-vis de cela, c’est bien cette droite-là que Nicolas Sarkozy veut mettre en place. On l’a vu, dans un épisode sans doute maladroit, en termes de communication, pour lui, dans son histoire de bateau, mais on va le voir tout le temps, toutes les semaines, tous les mois à l’Assemblée sur tous les textes. C’est cette société-là qu’il met en place, et donc cette victoire, pour nous, et pour ceux que nous représentons, pour ceux qui souffrent, c’est une victoire qui est grave.

Alors les causes ? Est-ce que c’est le moment ? J’entends bien tout le monde qui dit : est-ce que c’est le moment de discuter sur les causes ? Parce qu’on a les copains, tous, qui sont dans le combat législatif. Et d’un autre côté, c’est parce qu’il y a le combat législatif que je crois qu’on ne peut pas faire semblant de ne pas regarder les causes. Quelqu’un a dit tout à l’heure : ce ne peut pas être le troisième tour de la présidentielle. Oui, c’est le troisième tour de la présidentielle, il aura exactement les mêmes conséquences que les deux premiers.
Si on veut avoir une petite chance de l’emporter, en tout cas de résister, il faut qu’on soit capable de dire aux Français qu’on a entendu ce qu’ils ont dit à l’occasion de ces deux premiers tours.
Alors la campagne, je veux bien, on a sûrement fait des erreurs de campagne, sinon on aurait gagné, mais ça, pour le coup, on verra, on a le temps d’en reparler. En revanche, je crois que cette défaite a quand même des racines qui sont profondes, et ces racines qui sont profondes, c’est que nous nous sommes éloignés du réel. Éloignés du réel, cela veut dire quoi ? Ça veut dire que sur un ensemble de sujets, on n’a pas apporté aux Français une réponse qui était audible.
On pourrait prendre mille exemples. Sur les retraites, le débat entre nous n’a jamais été tellement tranché, qui fait qu’on se retrouve avec un programme du parti d’un côté, une candidate de l’autre, incapable de dire, ce n’est peut-être pas l’avis de chacun d’entre vous ici, en tout cas c’est le mien : 37,5 années, ce serait souhaitable, malheureusement, dans la société qui est devant nous, ce n’est pas possible, et donc il faut l’assumer. Si on n’assume pas ça, on a un discours qui n’est absolument pas audible.
On pourrait dire la même chose sur le nucléaire. On est un peu comme ci on est un peu comme ça, et on met la candidate et tous ceux qui l’ont soutenue, tous ceux sur le terrain quand on s’est battu, dans des positions intenables, où on dit, pour des raisons qui sont liées à l’effet de serre, on pense que finalement, le nucléaire est une bonne position, c’est ma position, même s’il faut développer autant que faire se peut les énergies renouvelables, ou on dit le contraire, mais on n’est pas entre deux. Et quand on est entre deux sur trop de sujets, il y en a plein d’autres que ceux-là, on s’éloigne petit à petit de la réalité. Je crois que cet éloignement de la réalité fait que, effectivement, il faut revenir à un socialisme du réel.
Quand j’entendais tout à l’heure Benoît parler de révolution culturelle, je crois qu’il a raison. Le socialisme du réel, ce n’est pas un socialisme purement concret où on apporte seulement des réponses concrètes, l’idéologie y a évidemment sa part, mais c’est bien une idéologie qui se pose un minimum de révolution dans notre manière de regarder les choses.
Moi, je l’ai rencontré ton ouvrier, Benoît, celui qui nous disait : 1 500 euros, c’est bien, mais avec 1 500 euros, le patron ne va-t-il pas débaucher ? Je ne dis pas qu’il a raison de dire cela, je dis qu’il dit cela. Donc nous, parce qu’on a laissé s’insuffler cette idée-là, on a perdu une bataille culturelle, et c’est celle-là qu’il faut regagner, mais la regagner en ayant les pieds ancrés dans la réalité, pas dans le monde tel qu’on le voudrait, dans la réalité du pays telle qu’elle est aujourd’hui.
Parce que sinon, sinon les élections qui vont venir, je ne parle pas que des législatives, elles seront les mêmes.

François, la droite a fait la jonction entre la droite et l’extrême-droite, c’est vrai, mais ce n’est pas ça le sujet principal, ce n’est pas ça qui explique notre faiblesse de la gauche au premier tour. Ça explique la composition des votes de la droite au premier tour, mais pas la faiblesse de la gauche. C’est bien la faiblesse de la gauche au premier tour qui doit être notre problème.
Donc la réponse qu’on doit apporter, je crois qu’elle doit aller profondément dans la refonte de la façon dont nous nous représentons, où nous exprimons des positions idéologiques, et ensuite programmatiques qui peuvent être plus en phase avec ce que la société pense aujourd’hui.
Alors, on a des législatives. Je suis d’accord avec Claude Bartolone : on ne peut pas aller aux législatives en ne disant pas qu’on y va pour les gagner, qu’on dise que la probabilité de les gagner n’est pas immense, ça s’est sûr, mais on ne peut pas aller et mener le combat politique pour participer.
Les arguments, tout le monde les connaît, c’est l’équilibre à l’Assemblée nationale, c’est combattre la politique de Nicolas Sarkozy, c’est pointer les contradictions, c’est dénoncer les injustices. On connaît tout cela par cœur. Et l’exemple, la liste que faisait Barto tout à l’heure sur, s’il y a un groupe à l’Assemblée qui est massif, cela permet de combattre, et sinon ce n’est pas le cas, la liste d’exemples est juste.
Mais il faut aller à ces législatives en faisant comprendre aux Français que ce qu’ils nous ont dit le 22 avril et le 6 mai, ça a un écho chez nous. Sinon, on continue d’être à côté, et en même temps, il faut que nous, on soit capable de commencer la reconstruction.
Pour moi, il y a deux mots d’ordre dans cette reconstruction simples. Le premier, c’est le collectif. J’ai entendu dire qu’on voulait mettre en place des comités Théodule nouveaux, on a des instances, on a un bureau national. Que le bureau national du Parti socialiste refasse de la politique, et qu’on y gère et qu’on y tranche des questions politiques. Tout le monde y est représenté largement, que cela serve à quelque chose. On n’a pas besoin de créer pour un mois de campagne des structures nouvelles.
Le collectif, et puis le renouvellement. Eh oui ! Là aussi, Benoît, je suis désolé, mais Benoît, je suis désolé d’être toujours d’accord avec lui, mais Benoît a raison. Qu’à droite, sur les écrans de télévision, dans les débats, les soirs du premier tour et du deuxième tour, il y a des hommes et des femmes qui ont de l’expérience politique et qu’on voit depuis un certain temps, c’est bien normal, mais il y en avait aussi d’autres, et pas chez nous. Donc ce renouvellement-là, de générations, de couleurs et tout ce qu’on veut, d’origines, il ne faut pas simplement qu’on en parle, il faut que les Français le voient. Et si les Français ne le voient jamais, on reste un parti de vieux croûtons.
Donc, au bout du compte, il faut quand même qu’on soit capable de mettre en œuvre, cela vaut pour moi comme cela vaut pour les autres bien sûr, évidemment… L’exemplarité, Ségolène Royal parlait tout à l’heure de la politique par la preuve, exactement, l’exemplarité, elle doit exister à tous les niveaux. Je ne dis pas qu’elle a pris cette précaution de dire que la droite n’avait que des trentenaires, elle en a gardé quelques-uns, mais néanmoins, il y avait. Et si, dans cinq ans, quand on sera au bout du mandat de Nicolas Sarkozy, dont j’espère qu’il sera le mandat unique, mais ce n’est pas garanti, ceux qu’on veut mettre en avant doivent avoir acquis un peu de notoriété auprès des Français et avoir une quarantaine d’années à l’époque, il faut qu’on les prenne aujourd’hui à trente-cinq ans et qu’on commence à les promouvoir. Si on ne le fait pas, on n’aura pas ensuite les hommes et les femmes dont on aura besoin à l’arrivée.

Je finis d’un mot : il y a évidemment un scénario noir. Il ne faut pas faire semblant de ne pas l’avoir à l’esprit, chacun d’entre nous le redoute, veut le rejeter, sait que nous sommes capables de le rejeter, mais c’est qu’il existe le scénario noir. Le scénario noir, c’est un scénario où le Parti, petit à petit, devient la SFIO, grande puissance locale, grande impuissance nationale, et où finalement, se replient les uns et les autres sur ce qu’on fait fonctionner : les régions, les départements, les villes, et on trouve que ce n’est pas si mal. C’est trop compliqué de gérer les problèmes centraux, il y a trop de difficultés, trop de contradictions, on va laisser la droite le faire. Et on laisse la droite le faire une fois, deux fois, trois fois, et puis jamais, on ne retrouve le pouvoir national. Les Britanniques, ça leur a pris vingt-trois ans avant d’arriver à mettre Thatcher et Major dehors. Ce risque-là, il existe, c’est un PS qui devient petit à petit la SFIO, et une SFIO qui petit à petit devient ce qu’est le PC, c’est-à-dire une grande culture, une grande histoire, une grande référence, mais un astre mort dans la politique. Et cela, aucun de ceux qui sont ici n’en veut évidemment.

Évidemment, en face, il y a un scénario rose, il faut le mettre en œuvre, c’est le scénario où on est capable de moderniser ce qu’on fait. Alors, on ne va pas se battre sur la terminologie : rénover, moderniser, renouveler, on peut tous se gausser et faire des jeux de mot en disant qu’on entend parler de modernisation depuis 1986, de rénovation depuis je ne sais quand, tout ça, c’est vrai, mais on sait bien de quoi on parle quand même ; où on est capable de faire que ça bouge, ou bien on reste dans notre petit train-train quotidien, et finalement, rien ne change.
Si on est capable de faire que ça bouge, alors oui, alors l’ambition d’avoir un Parti socialiste qui prend sur sa gauche, fait qu’ils veulent finalement que les choses bougent et qui savent que, pour ça, il y a besoin d’un parti ; et sur sa droite, ceux qui sont au centre gauche et qui verront bien dans l’aventure malheureuse de ce François Bayrou, qui n’a aucune issue évidemment, si on est capable de rassembler tout ça, alors l’hypothèse d’avoir un Parti socialiste au-dessus des 30 %, d’avoir comme objectif un tiers, ce qui est la situation de tous les grands partis socio-démocrates en Europe, ce scénario rose-là, il est possible. Et moi, je voudrais que ce soit à ça qu’on se consacre, bien sûr dans les semaines qui viennent, la bataille des législatives, moi comme les autres, on sera disponible pour aller dans la mesure du temps qui existe, défendre les copains un peu partout, là où on peut aider à gagner des circonscriptions, mais au-delà de la bataille des législatives, on ne peut pas s’endormir. Si on s’endort, c’est un sommeil grave qui risque de nous toucher. On se réveillera trop tard, et dans cinq ans, on verra l’autre, le président de la République qui n’est pas manchot, chacun le reconnaît, avoir utilisé tous les moyens du pouvoir d’État qu’il a aujourd’hui en main pour faire que sa réélection puisse être assurée, et ce ne sera pas cinq ans, mais ce sera dix ans de droite, et Dieu sait ce qui se passe après. Et moi je ne veux pas que mon parti, mon pays acceptent l’idée qu’on va être pendant dix ans dans l’opposition. On y est pour cinq ans, peut-être même pas, on y est pour cinq ans par rapport à l’Élysée, peut-être même pas par rapport à l’Assemblée nationale. On doit mener ce combat, et si d’aventure, on devait ne pas gagner l’élection législative et qu’on soit effectivement pour cinq ans dans l’opposition, ces cinq ans, ça suffit !
Et moi, ce à quoi je vous invite, c’est qu’on soit capable à suffisamment remettre à plat l’ensemble de ce qui constitue ce qu’on dit, l’ensemble de ce qui fait nos pratiques, et l’ensemble de ceux qui nous représentent pour qu’on se mette en situation de fournir à la France la gauche pendant cinq ans.

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07 mai 2007

La nécessité du renouveau

dskrougeCe soir, je suis triste pour la France et pour la gauche. Nous avons connu une grave défaite.


Mes pensées vont d’abord à Ségolène Royal qui a mené ces derniers mois une campagne innovante et courageuse.


Elles vont ensuite aux milliers des militants et sympathisants socialistes qui ont porté et diffusé le pacte présidentiel de notre candidate dans des réunions publiques, sur les marchés, partout dans le pays.


Je partage leur déception de voir l’espoir de renouveau porté par la gauche rejeté dans les urnes. Je partage aussi leurs inquiétudes sur ce qui peut arriver en France dans les mois et les années à venir.

Pour autant, nous devons dire la vérité aux Français et à la gauche, c’est notre devoir.


La gauche a perdu cette élection présidentielle dès le premier tour. Jamais la gauche n’avait connu un score aussi faible. Pourquoi ? Parce que depuis cinq ans, nous ne nous sommes pas assez renouvelés. Nous nous sommes laissés bercer par les illusions des victoires aux élections régionales et européennes, alors que les Français ne faisaient que rejeter massivement la politique de Jacques Chirac.


Nos concitoyens ne veulent plus des solutions du passé. Ils voient bien que la gauche doit apporter autre chose que ce qu’elle a toujours dit. J’ai tenté une révolution social-démocrate pendant la primaire socialiste. Elle n’a pas abouti. Ce renouveau est aujourd’hui nécessaire.


dsk

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14 mars 2007

Dominique Strauss-Kahn en colère

dskredAujourd’hui, je suis en colère.

L’élection de 1995. Les Français ont soldé les comptes des deux septennats de François Mitterrand pour embrasser l’illusoire engagement du combat de Jacques Chirac contre la fracture sociale.
L’élection de 2002. Les électeurs, dans un élan républicain sans précédent, ont rejeté massivement l’extrême droite et la politique du pire de Jean-Marie Le Pen.
L’élection de 2007. Sera-t-elle la promesse bafouée d’un vrai débat sur l’avenir de la France ?

Une fois encore, on prive les Français d’un vrai débat sur le projet de société qu’ils appellent de leurs voeux. On les infantilise.

Sondages à la hausse pour les uns ou à la baisse pour les autres. Commentaires évidemment savants sur leur fiabilité supposée. Sondages sur l’intérêt des sondages ! Rumeurs habilement distillées par tel commentateur ou tel éditorialiste sur l’ambiance au sein des équipes de campagne. Partage fumeux d’hypothétiques strapontins ministériels alors que le second tour de l’élection est dans 55 jours ! Et même, dernièrement, mise aux enchères d’un parrainage d’élu !

Nous marchons sur la tête. J’enrage !

Les questions centrales sont esquivées, évacuées, passées sous silence. Ce sont les signes d’un pays qui doute, d’une République qui va mal et d’une démocratie qui étouffe.

La France et les Français méritent un vrai débat avec de vraies réponses à leurs interrogations. D’abord, une réponse à leurs préoccupations quotidiennes. Le pouvoir d’achat, la lutte contre le inégalités, le plein emploi, la nécessaire maîtrise de notre dette, le retour de la croissance : voilà les thèmes qui devraient être au coeur de la campagne que nous menons face à la droite.

Ensuite, l’avenir et le chemin que nous voulons tracer pour la France de demain. La relance européenne, l’éducation, nos universités et notre recherche, la question du vieillissement et, bien sûr, nos engagements environnementaux, qui sont désormais le dénominateur commun à l’ensemble des politiques que nous voulons mettre en place : voilà les questions essentielles que le prochain chef de l’Etat devra trancher. Ségolène Royal a proposé, mais personne ne veut échanger, de peur de se découvrir.

Les vrais sujets sont désespérément absents de la campagne. On préfère commenter, gloser, pontifier.

Nous sommes à l’heure des choix qui engageront la France pour les prochaines décennies. L’urgence de la situation économique et sociale impose un débat « projet contre projet ». Le temps presse ! Nous avons moins de six semaines avant le premier tour.

Alors, allons voir les Français avec le pacte présidentiel que nous défendons et parlons-leur, enfin, de politique.

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13 décembre 2006

Notre société est en péril

Bonjour à toutes et à tous,

DSK à AlfortvilleLa lutte contre les inégalités est constitutive de l’identité social-démocrate. Dès 2004, je soulignais dans un ouvrage publié à la Fondation Jean-Jaurès, Pour l’Egalité Réelle, l’accroissement rapide des inégalités dans notre pays et l’inefficacité de notre modèle à mettre un terme à ce que j’appelle les inégalités de destin. Dans 365 Jours, Journal contre le renoncement (2006), je rappelais la nécessité de combler les écarts de revenus grandissants entre les Français et l’urgence à remettre en marche l’ascenseur social. Tous les jours, à Val-de-France, la communauté d’agglomération que je préside et qui est la plus pauvre de France, la montée des inégalités est une réalité contre laquelle je me bats.

Quelques semaines avant la fin de l’année, différents éléments viennent corroborer ce constat.

Une récente étude de testing menée dans six villes du Val-de-Marne est parvenue à la conclusion qu’en moyenne 14% des médecins refusent de recevoir des patients parce qu’ils sont bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Ce chiffre grimpe jusqu’à 39% pour les dentistes. Ils refusent ainsi de se soumettre à une double obligation, à la fois déontologique et légale.

La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) a statué : ce refus de soin est une discrimination. Elle en appelle aux instances disciplinaires de l’ordre des médecins pour faire respecter aussi bien le code de déontologie que la loi. C’est une urgence absolue : encore une fois, ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui sont privés de soins.

Je tiens aussi à saluer ici le travail des Restos du Cœur : c’est le deuxième élément. Ils ont lancé lundi dernier leur 22ème campagne. Ils sont devenus indispensables pour des centaines de milliers de démunis et de sans-abris, qu’ils aident à survivre pendant les mois d’hiver. Mais leur action ne doit pas conduire à nous voiler la face : ceux qui ont besoin des Restos du Cœur pour survivre sont chaque année plus nombreux. Ils ont ainsi augmenté de 6% entre 2004 et 2005.

Enfin, plus récemment encore, un sondage commandé par Emmaüs a révélé que 48% des Français pensent qu’ils pourraient devenir un jour SDF (62% des 35-49 ans et 74% des ouvriers !). C’est un chiffre lourd de sens. Il en dit long sur le fait que l’avenir, pour beaucoup de nos concitoyens, n’est plus rien d’autre qu’un facteur d’inquiétude.

J’ai voulu parler dans le même post du problème de l’accès aux soins des bénéficiaires de la CMU, des Restos du Cœur et de l’étude d’Emmaüs pour une raison simple. Ce sont trois facettes d’une même réalité : après cinq années de gouvernements de droite qui n’ont pas su enrayer la machine à fabriquer des inégalités, notre société se fragmente sous nos yeux.

Je veux le réaffirmer ici avec la plus grande force : la lutte contre les inégalités est au cœur de mon engagement politique. C’est le premier des combats pour les socialistes. C’est un défi pour la gauche.

dsk

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18 novembre 2006

Communiqué de presse du comité mosellan DSK

compresse

Retrouvez ici le communiqué au format pdf.

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14 novembre 2006

Une ségoliste persiste, l'autre décroche

Il y a une semaine, LCI publiait l'interview de 11 militantes et militants choisis au hasard au sortir du débat parisien. Ces militants expliquaient leur état d'esprit et leurs changements d'appréciation depuis le début de la campagne interne (cliquez ici pour lire les interviews). Fort instructif. Aujourd'hui, LCI a interviewé longuement deux militantes, toutes deux ségolistes convaincures à l'origine. Mais si l'une le demeure, l'autre votera pour DSK et explique pourquoi.

Marigrine Auffray-Milésy et Renée Claude Fitte sont deux nouvelles adhérentes du PS. Elles ont pris leur carte au printemps dernier et appartiennent aujourd'hui à la section du 13ème arrondissement de Paris. Toutes les deux séduites au départ par la démarche de Ségolène Royal, leurs positions ont divergé au cours de la campagne interne. L'une a décidé de soutenir finalement Dominique Strauss-Kahn, l'autre maintient son choix pour la députée des Deux-Sèvres.

Marigrine, 59 ans, avocate

Mon engagement...

"Mon engagement remonte à avant mai 68, motivé par le féminisme et le syndicalisme étudiant. Diplômée de Sciences Po, je suis de la même promo que Fabius et j'étais souvent la seule fille dans les conférences de méthode de la section "Service public". En 1971, à l'époque du programme commun d'union de la gauche, je suis entrée au parti communiste où j'ai milité longtemps aux côtés de dirigeants syndicaux figures de la Résistance auprès desquels j'ai beaucoup appris. Mais les choses se sont délitées progressivement avec ce qui s'est passé dans les pays de l'Est et le coup de bambou de la chute du mur de Berlin. Je me suis ensuite tournée vers la vie associative, puis rapprochée des écologistes. Mais l'autre grande étape, c'est le 21 avril 2002 et le vote pour Chirac que je n'ai pas digéré. Depuis, je vote socialiste dès le premier tour".

Ségolène et moi...

"Je suis une vieille militante féministe et avoir vu émerger l'an dernier une femme comme Ségolène Royal qui avait des chances d'accéder à un poste de haute responsabilité m'a semblé intéressant. J'ai pu apprécier son courage politique lorsqu'elle a fait voter, comme ministre de l'Enseignement scolaire, une loi contre le bizutage à l'école. Au printemps, j'ai donc participé à la création d'un comité Désirs d'avenir. Mais ses déclarations faites au cours de la campagne interne m'ont profondément déçues, que ce soit celles sur la carte scolaire ou l'encadrement militaire des primo-délinquants. Autre grande déception, ses déclarations sur l'adhésion de la Turquie. Un président de la République de gauche doit être un leader d'opinion. Ainsi, Mitterrand s'est prononcé clairement pour l'abolition de la peine de mort avant l'élection présidentielle, prenant ainsi le risque, selon ses propres dires, de perdre 100.000 voix ! .

Enfin, il y a eu les jurys citoyens et ça, je ne l'ai pas accepté. Elle a axé sa campagne sur des propositions qui ne sont pas dans le projet socialiste, ou même lui sont carrément contraires. On ne peut pas s'en réclamer tout en le démolissant au fur et à mesure par petites touches". Le débat du Zénith, à Paris, a confirmé mes impressions. Elle a été mauvaise de A à Z. Agresser les militants en leur disant qu' "ils ont peur du peuple", ce n'est pas possible".

La découverte de DSK ...

"Etant déçue par Ségolène, la logique eût été que je me tourne vers Fabius, vu mon parcours personnel. Mais j'ai découvert Strauss-Kahn durant cette campagne interne. Il insiste beaucoup sur des idées auxquelles je tiens. C'est quelqu'un qui dit clairement qu'il ne promet que ce qu'il peut tenir et qui insiste sur l'importance de dire la vérité aux gens. Cela rejoint les aspirations de Ségolène Royal sur le parler vrai mais il ne faut pas dire aux gens qu'on va les consulter tout les quatre matins ou installer des caméras au conseil des ministres. Le vrai problème du pays, c'est la crise économique et sociale, le problème des banlieues c'est la pauvreté. La démocratie représentative, oui, mais elle doit s'appuyer sur le tissu social existant : syndicats, associations, militants politiques".


Renée-Claude, 66 ans, retraitée

Mon parcours...

"Mes parents étaient enseignants et socialistes. J'ai toujours été baignée dans la politique. J'ai vécu longtemps en Afrique où j'ai géré une activité de restaurant avant de devoir rentrer en France. J'ai connu une vie avec plus de moyens financiers, aujourd'hui je vis plus modestement, et l'on s'habitue.

Ségolène et moi...

"J'ai adhéré en mai pour Ségolène. Pour moi, le socialisme, c'est revenir aux fondamentaux, aux valeurs, comme elle le fait. C'est bien d'avoir des grandes idées mais regarder la porte à côté, les portes à côté, c'est important. Les élites continuent à se regarder entre elles, même à gauche. Elles ont oublié le peuple. Or, Ségolène est proche des gens et du peuple. Elle n'est pas populiste, elle pense aux autres.

Elle a un plus car elle va générer un enthousiasme dans le pays. Le peuple a besoin de croire que cela va changer. Pas le grand soir, c'est de la bêtise, mais des petits soirs, les uns après les autres. Elle a une force. Elle aura une vision pragmatique tandis que les hommes ont souvent une vision glorieuse des choses, et pourtant je ne suis pas féministe. Il faut revenir à des choses plus quotidiennes.

Ségolène, elle a du caractère. Elle a du en baver dans sa jeunesse. S'élever contre son père pour nourrir sa mère et finir ses études, c'est une démarche qui fait preuve d'un grand courage.

Elle a des valeurs, et ne parler pas de pétainisme. Le travail ? Avant de partager les richesses, il faut travailler. Il faut des règles aussi dans la société. La famille ? C'est important. On y transmet des valeurs, quitte à ensuite s'en dégager pour devenir ce que l'on est en toute liberté. La sécurité ? Je n'aime pas ce mot, je préfère celui de tranquillité. Que peut-on faire sans tranquillité ? Remplir les prisons ne sert à rien mais il faut dire ce qui est bien et mal. "

Et les autres ?

"Fabius, non. Il a fait un lifting mais comme les femmes de 50 ans, il croit qu'il a changé mais c'est seulement le visage qui a changé. Il est vinaigre et miel et n'a pas choisi son camp. Il donne trop l'impression de détenir la vérité. Strauss-Kahn, il est très bien et brillant. Moi, je le veux comme Premier ministre de Ségolène. Jusque là, il était dilettante mais maintenant il est abouti et peut faire des choses. Mais il ne peut pas générer l'enthousiasme".

DOMINIQUE STRAUSS-KAHN SERA SUR FRANCE INTER À 8H30 MARDI 14 NOVEMBRE ET RÉPONDRA AUX AUDITEURS.

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11 novembre 2006

Où l'on voit Strauss-Kahn ridiculiser Sarkozy !

Vous êtes encore indécis(e) : regardez cette vidéo et vous verrez comment DSK se joue de Sarko dans les débats.


DSK fume Sarko

Article paru dans MetroFrance : DSK, bête noire de Nicolas Sarkozy? Le 14/11/2006 à 13h26

A Alger, tout le monde en a pris pour son grade au PS. Un seul manquait à l'appel: Dominique Strauss-Kahn. L'ancien ministre donnerait-il la migraine à Nicolas Sarkozy?

Ségolène au 2e tour? "C'est tout bénéf!" pour Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Intérieur apprécie la candidate socialiste au moins pour une raison: "elle le protège depuis plusieurs semaines". Et pour cause: le phénomène "tout sauf Ségo" empêche le "tout sauf Sarko", se réjouit-il. Le probable candidat UMP s'est déclaré aussi, depuis Alger où il est en visite, plus proche de Ségolène Royal idéologiquement. Elle "impose un processus de modernisation", reconnaît-t-il. Seul hic: la députée des Deux-Sèvres est en "total décalage avec son électorat". Et d'anticiper: "je pense qu'elle montrera sa vraie nature" car, "quand ça ne va pas, elle se crispe". Laurent Fabius n'a pas échappé lui non plus aux critiques. Nicolas Sarkozy le qualifie carrément de "violent". Et s'il se retrouve en duel avec lui, il craint une campagne "beaucoup moins apaisée" qu'avec Ségolène Royal.

Pas un mot en revanche sur Dominique Strauss-Kahn. Excellent orateur, débatteur hors pair, charisme évident, DSK serait-il devenu son pire cauchemar? Nicolas Sarkozy l'aurait confié en privé. Lors d'un repas en mai dernier avec sa garde rapprochée, le ministre de l'Intérieur a indiqué que le seul candidat "dangereux", c'est DSK. Sans doute a-t-il gardé un piètre souvenir des débats opposant les deux hommes, lors de la campagne de 2002. Une vidéo, qui circule depuis quelques jours sur le net, montre par exemple DSK lui clouer le bec sur le temps de travail. Nicolas Sarkozy craindrait-il que l’histoire se répète?

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07 novembre 2006

Les propositions de Dominique Strauss-Kahn

Retrouvez ici pour rappel les grandes propositions de Dominique Strauss-Kahn (cliquez sur les liens soulignés, format pdf) :

Les 3 socialismes : pour un nouveau socialisme

Le socialisme de redistribution, le socialisme de production et le socialisme de l'émancipation, voilà les 3 piliers pour rebâtir le socialisme français à travers un réformisme radical.

Les 15 premières propositions de DSK (janvier 2006)

DSK défrichait dès janvier 2006 ce qui deviendra ensuite le projet socialiste et proposait un grand nombre de thèmes que s'approprieront (ce dont on ne peut que se réjouir) Laurent Fabius et Ségolène Royal : sécurité professionnelle, agence de réindustrialisation, service public de la petite enfance, pari du post-nucléaire, service civique obligatoire de 6 mois, etc...

DSK va au-delà et propose la création de villes nouvelles, comme cela fut fait au milieu des années 70 avec succès, mais cette fois avec des habitations aux normes environnementales et de confort modernes, pour aller beaucoup plus loin que la simple pétition de principes "faire appliquer la loi SRU". Il propose de lier la citoyenneté et la nationalité, d'interdire le cumul des mandats des parlementaires pour donner un nouveau souffle au Parlement. Concernant la sécurité, celle-ci doit être appréhendée comme un continuum de toute la journée et non comme des poches à certains endroits de la ville. Soucieux de la survie de la planète, il est le seul à proposer une police et une Cour de l'Environnement.

Les propositions de Dominique Strauss-Kahn par thèmes :

La démocratie sociale

Les prisons

Le logement

La mondialisation

L'éducation

L'Europe

Les droits LGBT

Les villes

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05 novembre 2006

DSK : Primaires et métaphores marines

clipperCela fait déjà 3 semaines que la course a commencé. Chaque bateau suit sa propre voie, mais vise le même but : la victoire. Donné grand favori, l'imposant galion "Désirs d'avenir" mène la course mais le vent des sondages qui lui était favorable s'est détourné. Il semble immobile. Trop lourd, la quille commence à racler les bas-fonds. A bord, l'équipage pléthorique s'énerve. C'est le branle-bas de combat ! "On perd notre avance ! Où est Mme Royal ?", crie Julien Dray. "Elle est en visioconférence avec les journalistes qui ne comprennent pas ses choix stratégiques. Faites un forum pour décider de la marche à suivre", répond Arnaud Montebourg. "OK ! Tout le monde sur le pont !!!" aboie François Rebsamen.

Derrière, loin derrière, le rafiot "A babord toute" se traîne péniblement. Fabius, le vieux loup de mer, enrage : son équipage est vaillant mais le bateau est trop lourd, trop vieux, il craque de partout. "Mon fidèle Bartolone, dîtes aux hommes de sortir les rames et souquez ferme ! Tout n'est pas perdu !". Il scrute l'horizon. Le regard las, il peste : "Quelle idée d'avoir pris cette coque des années 80 !". Ouvrant les sabords, il tire quelques bordées sur ses deux compétiteurs, sans trop y croire.

Pendant ce temps, la frégate "Social-démocratie" file à fière et régulière allure. Elle commence même à profiter du vent des sondages. La voie choisie semble la bonne. Ils traversent un gros grain depuis quelques jours mais à bord, le moral est au beau fixe. Chacun fait ce qu'il a à faire avec compétence et une seule idée en tête : la victoire. Le capitaine DSK tient fermement la barre et maintient le cap avec intelligence et détermination. Il sait que la mer sera encore très agitée entre le 16 et le 23 novembre. Qu'importe ! La ligne d'arrivée approche. Il sait qu'il peut gagner. Il sait que la victoire de sa frégate sera celle de tout un pays.

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03 novembre 2006

La popularité de DSK fait un bond

DSK crédit photo TF1/LCILe dernier sondage TNS-Sofres/Figaro Magazine va donner des ailes aux partisans de Dominique Strauss-Kahn, engagé dans la bataille des primaires au PS pour l'investiture socialiste. Il gagne en effet 11 points de popularité, à 40%, progressant dans toutes les catégories. Ségolène Royal reprend pour sa part trois des sept points perdus le mois dernier, et reste en tête avec 55% des Français souhaitant "lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir". Nicolas Sarkozy se stabilise à 50%, comme en octobre. Laurent Fabius reprend les 6 points perdus en octobre, à 22%. - LCI 02/11/2006

Posté par moselle avec dsk à 00:50 - Lettres ouvertes - Commentaires [3] - Permalien [#]



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