14 juin 2007
Trois ruptures pour une refondation à gauche

Dominique Strauss-Kahn a publié dans Le Nouvel Obs trois tribunes intitulées "Trois ruptures pour une refondation à gauche", lançant ainsi le grand débat sur la rénovation de la gauche. Il y dessine les nouvelles frontières d'un réformisme sans tabous : 1/ Pour une société juste, 2/ Pour une nouvelle cohérence économique et sociale 3/ La Nouvelle bataille des valeurs.
Retrouver ici au format pdf ces trois tribunes. Bonne lecture et bonne réflexion !
03 juin 2007
Trois ruptures pour une refondation à gauche
Le Nouvel Observateur lance le grand débat sur la rénovation de la gauche. Première contribution : celle de Dominique Strauss-Kahn, qui entame cette semaine une série de trois textes, dans lesquels il développe sa vision de la société française et dessine les nouvelles frontières d'un réformisme sans tabous.
Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l'élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n'avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle sanctionne un refus, celui de nous réformer. C'est à cela que je veux aujourd'hui m'attacher.
Rendre un avenir à la gauche : voilà l'enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu'il est, avec les Français tels qu'ils sont.
Le socialisme du réel doit être celui d'une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l'animeront :
- une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée ;
- une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants ;
- une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l'idée de progrès.
Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée. Il est devenu commun d'annoncer la « fin d'Epinay », c'est-à-dire l'épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l'unification des socialistes par François Mitterrand autour d'un mot d'ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d'une stratégie politique, l'union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.
Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu'il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l'état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.
Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d'Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque. « La lutte des classes », la réduction « en dernière instance » de l'ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l'illusion d'un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l'ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d'avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s'inspirer d'une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui étudie les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l'angle exclusif de l'affrontement et de l'équilibre entre ces classes sociales. C'est le décalage croissant entre les mutations accélérées de la société française et nos grilles de lecture obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux.
Pour le dire autrement, il me semble qu'en 2002 comme en 2007, nous avons d'abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française. Cette nouvelle réalité, c'est celle de la fragmentation sociale.
Les inégalités traditionnelles n'ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l'ensemble des salariés d'exécution, qui agrège les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère. Mais ces inégalités traditionnelles n'expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d'individualisation a fait imploser les anciennes « classes ». Il n'est pas indifférent d'avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d'un CDI ou d'évoluer dans l'univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé.
A cela s'ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socioprofessionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d'épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales.
Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales. Il n'y a pas deux France, « la France d'en haut » et « la France d'en bas », la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieue et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l'Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l'effort fait en direction de moins bien lotis qu'eux. Le temps n'est plus où la gauche pouvait se contenter d'être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd'hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.
Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l'hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu'inspirent les « assistés » aux salariés « qui se lèvent tôt », en opposant la France des campagnes à celle des « racailles », il s'est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l'espoir d'une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu'il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l'exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C'est cette mise à jour qu'il nous faut faire. C'est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.
Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu'on peut encore construire un « front de classes » à l'ancienne autour de quelques mots d'ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la « société des individus » en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.
Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.
D'abord, la promesse d'un Etat social à nouveau efficace. Chacun constate combien il s'est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu'infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s'enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n'être qu'un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l'individualisation des situations. Rien n'est tabou : sur le financement des retraites, l'évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.
La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l'unité politique de l'Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionnisme aux salariés.
Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d'entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d'authentiques acteurs du progrès social et non comme des « ennemis de classe » à vouer aux gémonies
La deuxième piste est celle d'un nouveau compromis social. Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d'achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l'exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l'effort fiscal qui nous semble souhaitable ?
La troisième piste enfin touche à l'utopie fédératrice de l'égalité réelle et d'une société juste. Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n'est pas se résigner au pragmatisme et à l'ordre établi : il s'agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d'ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d'une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats. La « rupture avec le capitalisme » a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l'égalité réelle d'une société juste.
L'égalité réelle, c'est d'abord l'égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c'est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la « massification » du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française. Articulé autour de propositions audacieuses et d'engagements financiers précis en matière d'éducation, de santé et de logement, ce mot d'ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l'ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert. Le socialisme est d'abord une protestation contre l'ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d'émancipation concrète. C'est ce que je développerai dans ces colonnes lors des deux semaines à venir.
Dominique Strauss-Kahn
04 février 2007
Un manifeste pour la social-démocratie française
Lancement du manifeste de Socialisme et Démocratie !
Bonjour à toutes et à tous,
Lors de la réunion nationale de ses réseaux, le 17 décembre 2006, Dominique Strauss-Kahn a proposé la mise en chantier d’un « manifeste social-démocrate ».
L’idée n’est pas de « figer » une fois pour toute une identité mais de mieux définir un socle d’analyses, de valeurs, d’orientations politiques communes à un certain nombre de militants et d’acteurs, dans et hors du parti socialiste.
La rédaction de ce manifeste bénéficiera évidemment de l’important travail idéologique et programmatique qui a déjà été mené depuis 2002 par DSK et l’ensemble des réseaux de Socialisme et Démocratie et d’A Gauche, en Europe. Mais elle doit aussi permettre à tous ceux qui le souhaitent de contribuer à la réflexion collective autour de cette nouvelle identité sociale démocrate qui a été assumée par Dominique Strauss-Kahn à l’occasion de la primaire : que recouvre exactement cette notion en terme de valeurs, d’objectifs politiques et de méthode ? Comment se positionne-t-elle par rapport aux diverses traditions politiques de la gauche et de la société française ? Comment intègre-t-elle, au-delà des grandes questions économiques et sociales traditionnelles du socialisme, les nouveaux grands enjeux : l’enjeu écologique, l’enjeu démocratique, la prise en compte de l’individualisme contemporain,… ? A quel projet historique peut-elle correspondre à court et moyen terme ? A quel idéal de société et de civilisation renvoie-t-elle à long terme ? Sur quels acteurs et rapports de force peut-elle effectivement s’appuyer ?
Nous sommes pleinement engagés aujourd’hui dans la campagne présidentielle de notre candidate, Ségolène Royal. Mais il n’est pas inutile de poursuivre parallèlement une réflexion collective sur ces questions. Car les réponses à celles-ci seront aussi les chantiers de la victoire. La gauche française aura besoin demain de ce peuvent lui apporter Dominique Strauss-Kahn et tous ceux qui veulent faire vivre en France un espace social-démocrate.
Géré par un groupe de pilotage représentatif de la sensibilité sociale-démocrate sur les territoires, ce blog est destiné à accueillir toutes les contributions visant à nourrir la rédaction de ce manifeste. Un bilan d’étape sera effectué à la fin du mois de février. Puis un texte de synthèse sera mis en discussion.
Comment déposer vos contributions?
Deux options s'offrent à vous. Soit en laissant votre contribution en commentaire sur le blog du manifeste de Socialisme et Démocratie. Soit en envoyant vos textes à l'adresse suivante: dsk@gauche-en-europe.org .
10 novembre 2006
Pour une grande relance européenne
« POUR UNE GRANDE RELANCE EUROPÉENNE »
Pour ce dernier "Hebdo des socialistes" avant le premier tour, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius expliquent leur vision de l’Europe et du monde puis répondent à 5 questions tirées au sort de militants. Dominique Strauss-Kahn revient également sur les raisons qui l’ont conduit à présenter sa candidature à l’investiture socialiste en vue du premier tour du 16 novembre prochain.
Chère Camarade, Cher Camarade,
La campagne n’est pas encore finie - j’ai bien l’intention de poursuivre le débat avec les militants jusqu’au dernier jour ! Mais voici - déjà ! - le dernier numéro de l’Hebdo avant le premier tour.
Je veux te parler aujourd’hui de l’Europe. Ce n’est pas parce que l’Europe nous a divisés qu’il ne faut plus en parler. Au contraire ! C’est en regardant la réalité en face et en faisant preuve de volonté que nous dépasserons véritablement le « oui » et le « non ». Alors, allons-y !
L’Europe n’est pas seulement en panne ; elle est en danger. L’euro lui-même, notre monnaie, ne peut tenir durablement sans que les pays qui l’ont adopté ne s’investissent politiquement.
Je ne me résous pas à cette situation. Comme socialiste, je sais combien l’engagement européen fait partie intégrante de notre histoire commune. Comme français, je mesure combien la relance européenne est indispensable non seulement pour notre pays mais pour le reste du monde.
Nous partageons tous les mêmes objectifs : une Europe plus sociale, une Europe plus politique, une Europe plus démocratique.
Nous savons tous que des compromis, là comme ailleurs, seront nécessaires : tous les Européens ne sont pas socialistes et tous les socialistes européens ne sont pas des socialistes français !
Là où je me différencie de Ségolène Royal et de Laurent Fabius, c’est sur la méthode et le calendrier.
Je ne crois pas que l’on puisse attendre.
Je ne crois pas que l’on puisse repartir petit à petit, projet après projet, preuve après preuve.
Je propose ce que j’ai appelé « la grande relance européenne ».
Comment ? Nous devons mettre sur la table tous les grands sujets - oui, tous les grands sujets - qui font aujourd’hui problème et les traiter dans une négociation globale. La croissance, avec un euro qui n’est pas piloté politiquement et un budget qui n’est pas assez orienté vers l’avenir. La solidarité, avec des services publics qui ne sont pas suffisamment garantis et une harmonisation sociale qui est trop lente. Les institutions, qui ne permettent pas - disons-le - à l’Union de fonctionner démocratiquement et efficacement. Les frontières, qui restent floues et que chacun imagine différemment.
Quand ? Tout de suite. Nous avons la chance d’avoir un calendrier favorable - ne la gâchons pas ! Les Allemands vont présider l’Union européenne au premier semestre 2007. Nous leur succéderons au second semestre 2008. Il faut donc boucler la négociation pour fin 2008 pour qu’elle soit validée à l’occasion des élections européennes de 2009. Mon rêve, mon ambition, mon objectif, c’est que, à la fin de la présidence française, on puisse dire : "l’Europe est relancée ! L’Europe est réorientée ! L’Europe est de retour !".
C’est toujours ainsi, par le haut, par la volonté, par l’audace, que l’Europe est parvenue à sortir des crises dans lesquelles elle était plongée. C’est ce que François Mitterrand a réussi, en 1984, au sommet de Fontainebleau. C’est ce qu’il appartiendra au prochain Président de la République de réussir dès l’année prochaine.
Chère Camarade, Cher Camarade, t’ayant toujours parlé directement et clairement, je veux, pour terminer, en venir au vote du 16 novembre.
Après avoir lu, écouté, discuté, tu vas faire ton choix. Seul. Librement. Souverainement.
Tu vas répondre à deux questions simples. Qui serait le meilleur candidat ? Qui serait le meilleur président ?
Je crois que, au bout du compte, il s’agit d’une seule et même question : le meilleur président sera le meilleur candidat.
Pour gagner l’élection présidentielle, il faudra convaincre le peuple. Pour emporter la confiance du peuple, il faudra lui dire la vérité. Pour emporter la confiance du peuple, il ne faudra pas se contenter de constats, il faudra proposer des solutions - d’abord et avant tout à la question sociale. Pour emporter la confiance du peuple, il ne faudra pas épouser toutes ses positions, il faudra avoir le courage d’affirmer ses convictions et l’audace de proposer une ambition, une vision, un chemin pour le pays. Pour emporter la confiance du peuple, il faudra convaincre que notre ligne sera efficace dans la mondialisation.
Fort de ces convictions, j’ai arrêté ma priorité : le social. J’ai fixé un objectif : le plein emploi en moins d’une décennie. J’ai défini ma méthode : la social-démocratie et le « président engagé ». J’ai avancé mes principales propositions : le « Pacte de l’Elysée », le patrimoine pour les jeunes, la « grande relance européenne », une restructuration écologique de toute notre économie.
Voilà ma cohérence. Maintenant, je fais appel à toi. Je veux être le candidat des socialistes parce que je veux battre Nicolas Sarkozy. J’ai besoin de ton soutien et de ton vote. La victoire est possible. Elle dépend de toi.
Dominique Strauss-Kahn
03 novembre 2006
DSK : je veux un président qui assume, un président engagé
Chère Camarade, Cher Camarade,
Dans les précédents numéros de l’Hebdo, je t’ai indiqué quelle était ma ligne - « sociale et démocrate » -, ma méthode - le « Pacte de l’Elysée » et mon engagement envers la jeunesse - « un patrimoine public pour ceux qui n’ont pas de patrimoine privé ».
Aujourd’hui, je veux revenir sur ma vision de la démocratie et sur ma conception de la fonction présidentielle : un « Président engagé ».
Si je devais résumer les maux dont souffre notre démocratie, je dirais que les Français ont le sentiment que le pouvoir est à la fois confisqué et impuissant. Confisqué, car il est concentré, et même hyper-concentré entre quelques mains. Impuissant, car il a montré son inefficacité et, pire encore, donné le sentiment de n’avoir plus prise sur rien.
Pour apporter des réponses à ces deux maux, je m’appuie sur quelques principes simples. Nous avons le devoir de renforcer les contre-pouvoirs. Nous avons le devoir de réhabiliter la responsabilité politique.
Je vais être rapide sur les contre-pouvoirs. Je suis favorable à une démocratie parlementaire, donc à la revalorisation de l’Assemblée nationale, donc à l’interdiction du cumul des mandats, donc à des réformes constitutionnelles qui sont parfaitement détaillées dans le projet socialiste. Je suis favorable à une démocratie locale revivifiée, donc à une nouvelle étape de la décentralisation, donc à des transferts de compétences, donc, j’y insiste, à des transferts et à une péréquation des ressources. Je suis favorable à une démocratie participative plus active, donc à tous les instruments qui permettent de renforcer - et non d’affaiblir, de surveiller, de soupçonner - la démocratie représentative.
Je veux, en revanche, être plus précis sur la responsabilité politique car je porte, sur cette question, une vision différente de celle de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.
Pour moi, trois données politiques majeures caractérisent la situation actuelle. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct désormais pour un quinquennat. Jacques Chirac a incarné jusqu’à la caricature une présidence du verbe. Le candidat de la droite, vraisemblablement Nicolas Sarkozy, tentera de faire de « l’action » et de la « volonté » ses arguments de campagne - faute de pouvoir défendre un bilan désastreux et de pouvoir assumer un projet qui tourne le dos à deux cents ans de notre histoire.
Conclusion ? Nous avons besoin d’une nouvelle conception de la Présidence de la République qui marque une rupture par rapport au passé et qui tienne le choc par rapport à nos adversaires. Je l’ai appelée la « présidence engagée ».
Dès lors, cette présidence engagée constitue à la fois une nécessité politique et une avancée démocratique.
Pourquoi ?
Parce que le Président est engagé sur un mandat. Il est arrivé, notamment en 2002, que le futur Président n’ait présenté pendant la campagne aucun programme autre que de bonnes intentions. Il est arrivé, plus souvent encore, que le Président élu se détourne de sa propre majorité en invoquant la nécessaire unité des Français. Bien sûr, le Président de la République se doit de représenter tous les Français. Mais il doit être comptable d’une politique, présentée devant les Français et approuvée par une majorité d’entre eux : c’est cela un Président engagé !
Il y a davantage. Le Président doit être engagé dans l’action. Je ne veux plus d’un Président-monarque qui se contente de commenter l’action de son Gouvernement ou qui se limite à des incantations. Regardez ce qui s’est encore passé il y a deux semaines. Jacques Chirac a prononcé un discours sur la démocratie sociale. Il a dit le contraire de ce qu’il a fait dans le passé - notamment avec le CPE. Et, une nouvelle fois, il ne fera pas ce qu’il a dit. Je veux un Président qui agisse et qui assume sa responsabilité.
Sur les questions européennes et internationales, au Conseil européen, au G8, dans les grandes négociations, il doit avoir une position claire pour convaincre ses partenaires. Ce n’est pas seulement le rang de la France qui est en jeu, c’est aussi la vie quotidienne des Français tant il est vrai que les questions européennes ou internationales ne sont plus des questions de politique étrangère.
Sur les questions de politique intérieure, il doit également s’impliquer. Si, pendant la campagne, je dis que ma première priorité est économique et sociale ; une fois élu, mon premier chantier sera économique et social. Ce sera le « Pacte de l’Elysée ».
Je me résume : je ne veux pas d’un Président qui fasse tout - pas d’inquiétude pour le Premier ministre, il y aura bien suffisamment à faire pour deux ... Mais je veux un Président qui assume tout : c’est cela, un président engagé !
Dominique Strauss-Kahn.
01 novembre 2006
Dominique Strauss-Kahn propose le plein-emploi dans moins de 10 ans
LIBERCOURT (AFP) - Le candidat à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle Dominique Strauss-Kahn a proposé mardi, à Libercourt (Pas-de-Calais), de parvenir au « plein emploi dans moins de dix ans » en retrouvant « la confiance ».
« L'objectif, je l'ai dit, c'est le plein emploi dans moins de dix ans. Alors on me regarde, et on me dit : attends, on ne peut pas faire cela. Moi je dis que nous pouvons le faire », a-t-il déclaré.
« Le plein emploi, ce n'est pas réduire à zéro le chômage, c'est : tous ceux qui veulent trouver un emploi peuvent trouver un emploi », a précisé le député du Val-d'Oise.
« Ce qui manque c'est la confiance (...) On peut retrouver cette confiance, et si on peut retrouver cette confiance on peut marcher vers cet objectif de plein emploi », a poursuivi Dominique Strauss-Kahn, en ajoutant que cela passait par « l'équilibre des comptes sur la retraite, l'équilibre des comptes sur la Sécurité sociale ».
« Ma priorité elle est claire, c'est l'économie pour servir le social. Mon objectif c'est le plein emploi. Ma ligne politique, c'est celle que j'ai dite, c'est la social-démocratie », a-t-il affirmé.
« Si on veut ramener à la démocratie les Français, il faut faire des propositions d'instances nouvelles bien sûr, ce que l'on appelle la démocratie participative, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond des Français, ces problèmes sociaux, ces problèmes du chômage et de la précarité », a insisté Dominique Strauss-Kahn, évoquant la proposition de « jurys populaires » de son adversaire au sein du PS Ségolène Royal.
Critiquant « ceux qui ne voulaient pas de débat » pour le choix du candidat du PS, Dominique Strauss-Kahn a estimé que « ce serait bien la première fois dans l'histoire du socialisme que la droite arriverait à nous (aux socialistes, NDLR) imposer son candidat ».
25 octobre 2006
DSK précise son idée de "patrimoine de départ" pour jeunes
Dominique Strauss-Kahn a précisé les contours du "patrimoine de départ" qu'il souhaite accorder aux jeunes en difficulté pour les aider à financer leurs études ou acheter un logement.
L'ancien ministre de l'Economie, qui brigue l'investiture présidentielle socialiste, a suggéré d'utiliser une partie des droits de succession pour financer cette "mesure d'avenir" en plus des recettes fiscales récupérées en revenant sur les "baisses d'impôts scandaleuses" accordées par la droite "aux plus riches".
"Il est bien normal que l'argent de ceux qui nous quittent servent à l'ensemble des jeunes", a-t-il fait valoir sur France 2, précisant ne pas avoir entièrement terminé le "chiffrage" de cette proposition qu'il va soumettre à débat sur son blog http://www.blogdsk.net.
"Je lance sur mon blog, à partir de ce soir, un débat sur cette question, pour que les discussions puissent avoir lieu", a affirmé l'ancien ministre de l'Economie, qui était invité du journal de 20h sur France 2. Il a ensuite précisé qu'il en tirerait des propositions, concernant l'utilisation de ce patrimoine, dans une "quinzaine de jours".
Au lendemain du deuxième débat télévisé entre présidentiables socialistes, "DSK" a critiqué de nouveau la proposition de Ségolène Royal visant à créer des "jurys de citoyens" pour contrôler les élus.
"On vit dans une société qui est éclatée aujourd'hui et je ne veux pas d'une société qui est sur la défiance et ces jurys populaires, ça relève un peu de la défiance (...) Moi, je veux qu'on arrive à créer une société de confiance", a expliqué l'élu du Val d'Oise.
La présidente de Poitou-Charentes a également suggéré mardi soir que l'on ouvre le conseil des ministres à des citoyens, une proposition dénoncée par Dominique Strauss-Kahn.
"Attendez au conseil des ministres, il s'y débat des choses qui relèvent du secret national, des questions militaires. Quand même, c'est sérieux comme questions! Ce n'est pas un débat d'usager où chacun doit donner son avis! "
Malgré la véhémence des critiques contre la favorite des sondages, l'ancien ministre a assuré que "celui qui l'emportera ou celle qui l'emportera aura tous les socialistes derrière pour faire campagne" après le vote des militants le 16 novembre.
"Si elle l'emporte - et je ne crois pas que cela va se passer comme ça - je ferais ce qu'elle me demande dans la campagne", a-t-il promis.
23 octobre 2006
Non aux jurys populaires !
Dominique Strauss-Kahn s’exprimait ce matin sur Europe 1. Interrogé sur les « jurys populaires » proposés par Ségolène Royal qui ne figurent d'ailleurs nullement dans le projet socialiste, DSK s’y est fermement opposé, répliquant qu’il était favorable à la généralisation des comptes-rendus de mandats.
Les jurys populaires, outre qu’ils rappellent furieusement l’époque stalienne de l’URSS avec les commissaires du peuple et les commices politiques communistes, sont contraires aux articles 3 et 27 alinéa 1 de notre Constitution. Aucun démocrate ne peut accepter qu’un petit groupe, fut-il tiré au sort, s’accapare les pouvoirs du peuple et de ses représentants. Attention : danger, dérapage en cours !
PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, s'est opposé lundi à la proposition de Ségolène Royal de « jurys populaires » pour contrôler les élus, préférant « des comptes-rendus de mandat aussi fréquents que possible ».
« Généralisons les comptes-rendus de mandats, mais pas de jurys populaires. Le suffrage universel, c'est la règle et dans l'intervalle, entre deux élections, des comptes-rendus aussi fréquents que possible », a-t-il déclaré sur Europe 1.
Dominique Strauss-Kahn était interrogé sur la proposition de sa concurrente pour l'investiture PS Ségolène Royal d'instituer « des jurys de citoyens tirés au sort » qui évalueraient les politiques mises en place par les élus.
« S'il s'agit de dire que les élus doivent faire des comptes-rendus de mandat, comme le fait Bertrand Delanoë à Paris, il n'y rien de neuf. S'il s'agit de mettre en place, éventuellement en les tirant au sort, des assemblées qui viendraient concurrencer celles qui ont été élues démocratiquement en début de mandat et mettent en place la politique municipale, départementale, régionale, je suis contre », a expliqué M. Strauss-Kahn.
Selon le député du Val d'Oise, « ce serait créateur d'un énorme désordre que d'avoir des assemblées d'un côté qui critiqueraient une autre assemblée qui elle aurait été élue ».
Evoquant la primaire entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et lui-même, Dominique Strauss-Kahn a affirmé que « cela bouge beaucoup dans le PS » et que « le deuxième tour est probable ». « Les choses ne sont pas faites », a-t-il dit.
21 octobre 2006
Le Pacte de l'Elysée : DSK répond aux militants
Après les professions de foi des candidats la semaine passée, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Ségolène Royal se sont exprimés dans l’Hebdo des socialistes sur les questions économiques et sociales en répondant à 5 questions tirées au sort.
Retrouvez ci-après les réponses de DSK sur des thèmes très variés : désendettement, délocalisations, réforme des retraites, logement et démocratie sociale dans les entreprises :

Chère camarade, cher camarade,
Deuxième semaine de campagne !
Je te l’ai écrit, dans le dernier numéro de l’Hebdo : pour moi, l’urgence est sociale. Pour y répondre, il faut une autre politique économique. L’économique et le social, c’est le premier défi auquel la France est confrontée. C’est la première préoccupation des Français. C’est la première priorité des socialistes. Ce sera l’axe stratégique de la campagne que nous mènerons ensemble si je suis désigné le 23 novembre.
Jeudi dernier, j’étais à Valence, pour apporter mon soutien aux salariés des stylos Reynolds - une entreprise menacée de délocalisation alors qu’elle fait des bénéfices. Lundi, j’ai avancé dix-huit propositions qui viennent compléter, préciser, hiérarchiser notre projet socialiste. Un seul exemple concret : pour lutter contre le développement du travail précaire, j’ai proposé que l’impôt sur les sociétés soit modulé - à la baisse ou à la hausse - afin d’inciter les entreprises à recourir aux contrats à durée indéterminée.
Mardi, je ne sais si tu as eu la possibilité de le regarder en direct, nous avons tenu notre premier débat télévisé. Le Parti socialiste en est sorti collectivement renforcé. Et j’ai la conviction d’avoir pu déployer ma vision de l’avenir.
Aujourd’hui, je ne veux pas aligner une liste de pétition de principes ou de propositions techniques ; je veux insister sur une proposition qui illustre le projet social-démocrate que je défends. Cette proposition, je l’ai appelée le « Pacte de l’Elysée ».
De quoi s’agit-il ? De mon premier chantier, si je suis élu Président de la République : le lancement d’une grande négociation sociale, comme notre pays n’en a jamais connu.
En quoi est-ce nouveau ?
C’est nouveau par la méthode : je compte engager les discussions avec les partenaires sociaux juste après ma désignation, afin de pouvoir engager les négociations efficacement dès le lendemain de l’élection et fixer la fin de l’année 2007 pour l’achèvement des travaux.
C’est nouveau par l’objectif : il s’agit de bâtir un nouveau compromis social, un accord « gagnant-gagnant », pour remettre la société tout entière en mouvement. Nous pourrons ainsi recréer la confiance sans laquelle il n’y a ni croissance ni, au bout du compte, de progrès social possible.
C’est nouveau, enfin et surtout, par l’ordre du jour que je veux large.
Le Pacte de l’Elysée mettra évidemment sur la table la question du pouvoir d’achat et de la revalorisation des carrières. Nous avons pris l’engagement de porter le SMIC à 1500 euros au plus tard à la fin de la législature. Je le tiendrai. Mais il faut être plus ambitieux. Il faut agir sur l’ensemble de l’échelle des salaires pour que le nombre de salariés payés au SMIC cesse d’augmenter. Et il faut prêter attention à la revalorisation des carrières pour que nul ne reste toute sa vie au SMIC.
Le Pacte de l’Elysée mettra sur la table la question de la sécurisation professionnelle - j’ai pu mesurer une nouvelle fois à Valence à quel point il était indispensable de dégager des moyens sans précédent pour l’indemnisation, la formation et le reclassement des salariés victimes des délocalisations.
Le Pacte de l’Elysée mettra aussi sur la table la question des retraites. Nous nous sommes engagés à abroger la loi Fillon. Mais nous le savons bien : cette abrogation ne règlera pas à elle seule le problème. Il faudra donc négocier sur les moyens de pérenniser la retraite par répartition - auquel nous sommes attachés de toutes nos forces. Il faudra aussi, dans le même temps, lutter contre les injustices du système actuel : je pense aux petites pensions, aux carrières discontinues et, surtout, à la prise en compte de la pénibilité.
Le Pacte de l’Elysée mettra enfin sur la table la question de la santé au travail et des conditions de travail. Ces problèmes là ne sont pas derrière nous, comme la diminution des emplois industriels aurait pu le laisser penser. Ces problèmes là sont devant nous : il y a davantage d’accidents du travail, il y a de nouvelles maladies professionnelles - qu’il s’agisse des troubles musculo-squelettiques ou du stress. Nous devons agir.
Je résume : une grande négociation sociale engagée dès avant l’élection, achevée avant la fin de l’année 2007 et portant à la fois sur le pouvoir d’achat, la sécurisation professionnelle, les retraites et les conditions de travail - voilà le « Pacte ».
Mais je veux que ce soit le Président de la République lui-même qui prenne en main cette négociation - d’où le « Pacte de l’Elysée ». Pourquoi ? Parce qu’il y aura besoin de l’impulsion que lui donnera la légitimité populaire issue de son élection. Parce qu’il s’agit de ma première priorité et que je n’ai pas l’intention de m’en dégager une fois élu.
Un dernier mot, chère Camarade, cher Camarade.
Au travers de ce Pacte de l’Elysée, c’est une démarche globale que je défends et qui fait mon originalité dans cette campagne. Elle illustre ma conception aussi d’une Présidence « engagée ». Elle illustre que l’investissement social est un investissement économique. Elle illustre que, au-delà de l’indispensable mobilisation de l’Etat, c’est toute la société qu’il faut mobiliser. Elle illustre, en un mot, ce qu’est une social-démocratie repensée et rénovée !
A la semaine prochaine !
Dominique Strauss-Kahn
16 octobre 2006
Strauss-Kahn formule son "pacte de l'Elysée" pour restaurer la confiance
Dominique Strauss-Kahn s'est engagé lundi, s'il est désigné par le PS puis élu président en 2007, à un "pacte de l'Elysée" pour faire émerger avec les partenaires sociaux un compromis capable d'insuffler la "confiance" et répondre aux défis de la retraite et du pouvoir d'achat.
A la veille du premier débat télévisé, qui va l'opposer mardi soir à ses concurrents à l'investiture PS, Laurent Fabius et Ségolène Royal, l'ancien ministre des Finances a donné le ton de sa campagne axée sur le règlement des questions économiques et sociales, qui « sont centrales » à ses yeux.
Il a ainsi égrené devant la presse 18 propositions qui « complètent et précisent » le projet socialiste.
Le premier chantier sera la mise en place d'un "pacte de l'Elysée": il s'agit d'un « engagement du président de la République, pour mettre en place, sous son égide, une négociation qui redéfinisse un nouveau compromis social », a-t-il expliqué.
Ce compromis, qui devrait intervenir avant fin 2007, doit porter sur plusieurs questions : le pouvoir d'achat - revalorisation du Smic et des carrières-, la sécurisation professionnelle, le système de retraite, la santé au travail.
« Si les socialistes me choisissent comme leur candidat, je m'engagerai vers la réalisation de ce pacte dès avant l'élection présidentielle pour qu'elle puisse aboutir fin 2007 », a-t-il promis.
Pour M. Strauss-Kahn, le président de la République doit "s'impliquer" directement pour résoudre les problèmes économiques et sociaux et ne pas se contenter d'un rôle d'arbitre, comme le fait, selon lui, Jacques Chirac.
Les défis auxquels la France est confrontée aujourd'hui sont d'une "autre nature" que ceux que la gauche, revenue au pouvoir, avait dû affronter en 1997, estime l'ancien ministre.
« Aujourd'hui, et plus encore demain, la France est exposée à un risque de déclassement », marqué notamment par une perte de compétitivité », a-t-il diagnostiqué. « Il s'agit d'un problème "structurel", lié notamment à l'émergence de nouveaux pays comme la Chine et l'Inde, et au retard pris par la France dans le domaine de la recherche », selon lui.
Le candidat socialiste propose ainsi une hausse de l'effort de recherche à 3% du PIB (contre 1,8% actuellement) avant la fin du quinquennat, et préconise une autonomie et une démocratisation des universités.
Au niveau européen, l'ancien ministre prône une coordination des politiques économiques, une harmonisation des bases de l'impôt sur les sociétés, la réforme de la politique de la concurrence pour permettre l'émergence de champions européens et une évolution de la PAC favorisant une alimentation plus saine.
Pour lutter contre les inégalités nées de la mondialisation, il propose un fonds de réindustrialisation et le paiement de la taxe professionnelle pendant trois ans par une entreprise bénéficiaire qui délocalise.
Pour sortir les jeunes du chômage de masse, le député du Val d'Oise préconise en particulier le droit à la scolarité jusqu'à 18 ans et à l'enseignement en alternance.
Il propose aussi de moduler l'impôt sur les sociétés pour favoriser les contrats à durée indéterminée et une loi sur la faillite mettant les artisans à l'abri des poursuites sur leurs biens personnels.
M. Strauss-Kahn s'est par ailleurs déclaré "très fier" du soutien que lui a apporté l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter.
RETROUVER CI-DESSOUS L'INTÉGRALITÉ DE SON INTERVENTION. BONNE ÉCOUTE...