05 novembre 2006
DSK : Primaires et métaphores marines
Cela fait déjà 3 semaines que la course a commencé. Chaque bateau suit sa propre voie, mais vise le même but : la victoire. Donné grand favori, l'imposant galion "Désirs d'avenir" mène la course mais le vent des sondages qui lui était favorable s'est détourné. Il semble immobile. Trop lourd, la quille commence à racler les bas-fonds. A bord, l'équipage pléthorique s'énerve. C'est le branle-bas de combat ! "On perd notre avance ! Où est Mme Royal ?", crie Julien Dray. "Elle est en visioconférence avec les journalistes qui ne comprennent pas ses choix stratégiques. Faites un forum pour décider de la marche à suivre", répond Arnaud Montebourg. "OK ! Tout le monde sur le pont !!!" aboie François Rebsamen.
Derrière, loin derrière, le rafiot "A babord toute" se traîne péniblement. Fabius, le vieux loup de mer, enrage : son équipage est vaillant mais le bateau est trop lourd, trop vieux, il craque de partout. "Mon fidèle Bartolone, dîtes aux hommes de sortir les rames et souquez ferme ! Tout n'est pas perdu !". Il scrute l'horizon. Le regard las, il peste : "Quelle idée d'avoir pris cette coque des années 80 !". Ouvrant les sabords, il tire quelques bordées sur ses deux compétiteurs, sans trop y croire.
Pendant ce temps, la frégate "Social-démocratie" file à fière et régulière allure. Elle commence même à profiter du vent des sondages. La voie choisie semble la bonne. Ils traversent un gros grain depuis quelques jours mais à bord, le moral est au beau fixe. Chacun fait ce qu'il a à faire avec compétence et une seule idée en tête : la victoire. Le capitaine DSK tient fermement la barre et maintient le cap avec intelligence et détermination. Il sait que la mer sera encore très agitée entre le 16 et le 23 novembre. Qu'importe ! La ligne d'arrivée approche. Il sait qu'il peut gagner. Il sait que la victoire de sa frégate sera celle de tout un pays.
Primaires : Royal vote Fabius
Primaires: Royal vote Fabius. C'est le titre de l'article de Libération de ce samedi 4 novembre consacré à la campagne interne du PS. Sous-titre éloquent : "En cas de second tour, la candidate à l'investiture socialiste préfèrerait affronter l'ancien premier ministre, plutôt que Strauss-Kahn". Qui pouvait en douter ?
La compétence et la percée des idées nouvelles et sociales-démocrates de DSK font leur chemin dans l'opinion. La cote de popularité du député de Sarcelles monte en flèche. Dans les meetings, il est applaudi à tout rompre tandis que Ségolène déçoit et Fabius peine à convaincre lorsqu'il s'agit d'aller au-delà des promesses simplistes. Dans les débats télévisés, DSK séduit sur le fond car il dit ce qu'il fera et démontre (et a démontré) qu'il est capable de faire ce qu'il dit. Des deux candidats, il est le seul capable de mettre en dynamique le projet socialiste là où l'une a décidé de s'en démarquer complètement et l'autre feint de s'y accrocher, en prévision du virage social-libéral qu'il ne manquera de réitérer. De son côté, Ségolène ne le cache plus : elle veut présider façon... royale sinon monarchique, mais veut DSK comme Premier ministre pour conduire le gouvernement et sortir la France du marasme moral, économique et social.
En attendant, comme le constate Libération, les choses s'accélérant, c'est Dominique Strauss-Kahn qui est pris à parti par l'entourage de Ségolène Royal, désormais sur la défensive, en proie au doute, et par celui de Laurent Fabius qui joue son va-tout. «Les royalistes sont sur la défensive et les fabiusiens nous attaquent, c'est bien la preuve que nous progressons ! », se réjouit Jean-Christophe Cambadélis. Et de poursuivre : « incontestablement, Dominique intéresse, impressionne, étonne ! ».
Pour paraphraser Laurent Fabius, entre le social-libéralisme populiste proposé par Ségolène Royal et la posture de circonstance néo-archao-gauchiste de Laurent Fabius, il y a le réformisme radical de la social-démocratie rénovée défendue par DSK. Entre la droite et la "gauche" du PS, il y a le coeur de PS : c'est DSK !
Seul Dominique Strauss-Kahn est susceptible de rassembler le PS et la gauche autour de lui, et par sa compétence et l'innovation qu'il insuffle, de transformer notre pays et de faire durer la gauche au pouvoir. Chères, chers camarades, évitons de le comprendre trop tard, ou nous revivrons un 21-avril 2002 puissance 10.
Jack Lang offre ses services à Ségolène Royal
C'était un secret de polichinelle. Nous l'écrivions déjà sur ce blog (lire l'article) le 22 octobre dernier. Mais il fallait que cela soit annoncé médiatiquement, c'est-à-dire au 20h de Claire Chazal sur TF1 ce dimanche.
Jack Lang a donc confirmé son soutien à Ségolène Royal, un mois jour pour jour après avoir été évincé de la course à l'investiture par François Hollande, qui, selon lui, lui aurait empêché d'avoir les parrainages nécessaires.
Peu importe. Depuis les choses ont changé. Il estime en effet que Ségolène Royal est la seule à pouvoir arriver en tête au premier tour de la campagne interne, ce qui n'est pas franchement une surprise. Il souhaite voir une femme accéder à l'Elysée... ce qui est louable, mais ne constitue pas en soi une perspective politique. Sans grande conviction, il a démenti avoir négocié son soutien contre un poste ministériel, mais selon l'entourage de Ségolène Royal, le ministère des Affaires étrangères lui est promis. Cela sera la 12ème fois qu'il sera ministre, un chiffre rond. Il rejoint ainsi les jeunes "pousses" de l'équipe Ségolène chargées d'insuffler ce renouveau qu'attendent nos concitoyens : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... septuagénéaires et octogénaires dont il sera le benjamin. Comme le dit Pierre Mauroy avec philosophie et tristesse : "dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent". On ne saurait être plus explicite et réaliste. Ce faisant, Jack Lang tire définitivement un trait sur sa fédération du Pas-de-Calais qui votera DSK.