03 novembre 2006
La popularité de DSK fait un bond
Le dernier sondage TNS-Sofres/Figaro Magazine va donner des ailes aux partisans de Dominique Strauss-Kahn, engagé dans la bataille des primaires au PS pour l'investiture socialiste. Il gagne en effet 11 points de popularité, à 40%, progressant dans toutes les catégories. Ségolène Royal reprend pour sa part trois des sept points perdus le mois dernier, et reste en tête avec 55% des Français souhaitant "lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir". Nicolas Sarkozy se stabilise à 50%, comme en octobre. Laurent Fabius reprend les 6 points perdus en octobre, à 22%. - LCI 02/11/2006
Après le Zénith, l'impression des militants
A l'issue du débat qui s'est déroulé à Paris au Zénith jeudi dernier, LCI a demandé leurs impressions à onze militants au hasard dans la salle. Onze impressions qui donnent le ton et montrent dans quel sens évolue en ce moment les militants. Par ailleurs, n'hésitez pas à visionner les trois vidéos (une pour chaque candidat) du débat pour vous rendre compte par vous-mêmes ici : http://www.dailymotion.com/Razzye
Michel, 48 ans, économiste |
C'est Strauss-Kahn qui a fait le meilleur débat. Il donne l'impression d'avoir un projet d'ensemble. Je suis un peu choqué par Ségolène Royal qui fait énormément dans le populisme, et pas seulement ce soir. Les jurys populaires me semblent être une aberration. Fabius lui a été assez rétrograde car le projet PS est difficile à tenir et donc s'y référer tellement n'est pas très sérieux. |
Kenza, 25 ans, étudiante |
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Joël, 38 ans, universitaire |
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Marigrine, 59 ans, avocate |
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Steven, 19 ans, étudiant |
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Catherine, 30 ans, fonctionnaire |
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Edouardo, 30 ans, cadre |
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Jérôme, 30 ans, directeur de production |
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Lucette, 46 ans, ingénieur |
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Bertrand, 50 ans, fonctionnaire |
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Thomas, 26 ans, assistant parlementaire |
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DSK : je veux un président qui assume, un président engagé
Chère Camarade, Cher Camarade,
Dans les précédents numéros de l’Hebdo, je t’ai indiqué quelle était ma ligne - « sociale et démocrate » -, ma méthode - le « Pacte de l’Elysée » et mon engagement envers la jeunesse - « un patrimoine public pour ceux qui n’ont pas de patrimoine privé ».
Aujourd’hui, je veux revenir sur ma vision de la démocratie et sur ma conception de la fonction présidentielle : un « Président engagé ».
Si je devais résumer les maux dont souffre notre démocratie, je dirais que les Français ont le sentiment que le pouvoir est à la fois confisqué et impuissant. Confisqué, car il est concentré, et même hyper-concentré entre quelques mains. Impuissant, car il a montré son inefficacité et, pire encore, donné le sentiment de n’avoir plus prise sur rien.
Pour apporter des réponses à ces deux maux, je m’appuie sur quelques principes simples. Nous avons le devoir de renforcer les contre-pouvoirs. Nous avons le devoir de réhabiliter la responsabilité politique.
Je vais être rapide sur les contre-pouvoirs. Je suis favorable à une démocratie parlementaire, donc à la revalorisation de l’Assemblée nationale, donc à l’interdiction du cumul des mandats, donc à des réformes constitutionnelles qui sont parfaitement détaillées dans le projet socialiste. Je suis favorable à une démocratie locale revivifiée, donc à une nouvelle étape de la décentralisation, donc à des transferts de compétences, donc, j’y insiste, à des transferts et à une péréquation des ressources. Je suis favorable à une démocratie participative plus active, donc à tous les instruments qui permettent de renforcer - et non d’affaiblir, de surveiller, de soupçonner - la démocratie représentative.
Je veux, en revanche, être plus précis sur la responsabilité politique car je porte, sur cette question, une vision différente de celle de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.
Pour moi, trois données politiques majeures caractérisent la situation actuelle. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct désormais pour un quinquennat. Jacques Chirac a incarné jusqu’à la caricature une présidence du verbe. Le candidat de la droite, vraisemblablement Nicolas Sarkozy, tentera de faire de « l’action » et de la « volonté » ses arguments de campagne - faute de pouvoir défendre un bilan désastreux et de pouvoir assumer un projet qui tourne le dos à deux cents ans de notre histoire.
Conclusion ? Nous avons besoin d’une nouvelle conception de la Présidence de la République qui marque une rupture par rapport au passé et qui tienne le choc par rapport à nos adversaires. Je l’ai appelée la « présidence engagée ».
Dès lors, cette présidence engagée constitue à la fois une nécessité politique et une avancée démocratique.
Pourquoi ?
Parce que le Président est engagé sur un mandat. Il est arrivé, notamment en 2002, que le futur Président n’ait présenté pendant la campagne aucun programme autre que de bonnes intentions. Il est arrivé, plus souvent encore, que le Président élu se détourne de sa propre majorité en invoquant la nécessaire unité des Français. Bien sûr, le Président de la République se doit de représenter tous les Français. Mais il doit être comptable d’une politique, présentée devant les Français et approuvée par une majorité d’entre eux : c’est cela un Président engagé !
Il y a davantage. Le Président doit être engagé dans l’action. Je ne veux plus d’un Président-monarque qui se contente de commenter l’action de son Gouvernement ou qui se limite à des incantations. Regardez ce qui s’est encore passé il y a deux semaines. Jacques Chirac a prononcé un discours sur la démocratie sociale. Il a dit le contraire de ce qu’il a fait dans le passé - notamment avec le CPE. Et, une nouvelle fois, il ne fera pas ce qu’il a dit. Je veux un Président qui agisse et qui assume sa responsabilité.
Sur les questions européennes et internationales, au Conseil européen, au G8, dans les grandes négociations, il doit avoir une position claire pour convaincre ses partenaires. Ce n’est pas seulement le rang de la France qui est en jeu, c’est aussi la vie quotidienne des Français tant il est vrai que les questions européennes ou internationales ne sont plus des questions de politique étrangère.
Sur les questions de politique intérieure, il doit également s’impliquer. Si, pendant la campagne, je dis que ma première priorité est économique et sociale ; une fois élu, mon premier chantier sera économique et social. Ce sera le « Pacte de l’Elysée ».
Je me résume : je ne veux pas d’un Président qui fasse tout - pas d’inquiétude pour le Premier ministre, il y aura bien suffisamment à faire pour deux ... Mais je veux un Président qui assume tout : c’est cela, un président engagé !
Dominique Strauss-Kahn.
C'est Strauss-Kahn qui a fait le meilleur débat. Il donne l'impression d'avoir un projet d'ensemble. Je suis un peu choqué par Ségolène Royal qui fait énormément dans le populisme, et pas seulement ce soir. Les jurys populaires me semblent être une aberration. Fabius lui a été assez rétrograde car le projet PS est difficile à tenir et donc s'y référer tellement n'est pas très sérieux.
Laurent Fabius était le plus convaincu ce soir donc le plus convaincant. La salle a semblé conquise. Ségolène, je ne l'ai pas trouvée très bonne car elle avait des difficultés pour synthétiser sa pensée. C'est une mauvaise oratrice, et cela montre qu'elle n'a pas forcément une vision politique. Ça se révèle quand elle parle en public. C'est un problème. Pour le vote, j'hésite encore entre Fabius et DSK.
Avec tout le respect que j'ai pour elle, je pense que Ségolène Royal est dans le registre de la séduction. Je suis venu ce soir pour me rendre compte de la réalité, au-delà des critiques sexistes contre elle. Mais cela confirme ce qui se dit, elle manque de profondeur. Je n'ai pas adhéré pour être dans le superficiel. Laurent Fabius m'a semblé le plus convaincant car il est le candidat le plus abouti pour la fonction présidentielle.
Fabius a été très bon orateur mais il a peut-être fait trop de promesses démagogiques ce soir. DSK a été très intéressant avec son côté parler-vrai. Ne promettre que ce que l'on peut tenir. J'ai apprécié ses références aux idéaux du socialisme : les conquêtes de 1936, mai 68... En revanche, j'ai été très déçue par Ségolène qui a été creuse et moins bonne que d'habitude. C'est vrai que c'était difficile pour elle car le public ne l'a pas épargnée et c'est inadmissible. Mais elle s'est laissée entraîner par la forme et a délaissé le fond. Je fais partie d'un de ses comités de soutien parisiens mais je commence à changer d'avis.
DSK m'a semblé le meilleur. Il a le mieux argumenté et a été le plus pragmatique. Je ne sais pas encore si je vais voter pour lui ou pour Ségolène Royal. Je me déciderai au dernier moment. Elle a été pas mal huée mais je l'ai trouvée pas mal, notamment sur la démocratie directe. Elle parle de ce dont le peuple a envie, contrairement à ceux qui ont été ministres. Mais dans un grand meeting, sa voix passe mal. La voix grave de DSK passe mieux. Je me déciderai au dernier moment.
Le débat a confirmé mes convictions : je trouve que Dominique Strauss-Kahn est le meilleur sur le fond. Il a su rebondir et bien joué le jeu du débat. Quant à Ségolène, c'était la première fois que je la voyais et j'ai été assez déçue. Même si sur le fond, elle est fragile. Je pensais qu'elle avait une réelle présence. Or elle a été réellement mise en difficultés par les sifflets, inacceptables d'ailleurs. Mais je pense que son discours est trop démagogique.
Ségolène m'a convaincu car elle a les trois clés du succès : le projet socialiste, la participation comme méthode et l'union de toutes les forces de gauche. Je trouve que les huées, c'est dommage. Je l'ai trouvée aussi bonne que mardi dernier à la télévision. Ça s'explique peut-être par l'organisation de la salle, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, ces sifflets ne sont pas du tout une bonne chose car nous sommes tous des socialistes et on ira tous derrière le ou la candidate qui sortira des urnes.
Strauss-Kahn a été le meilleur dans ce débat car il maîtrise ses sujets. Il ne fait pas des promesses intenables et tient un discours de vérité. Il est dans le prolongement de la deuxième gauche de Michel Rocard. Il confirme sa stature de président de la République. Moi, je me refuse à critiquer Ségolène Royal car si elle gagne, nous serons tous derrière elle. Mais ce soir, elle n'a pas été très bonne et plus je la regarde, et moins je la trouve bonne. Elle manque d'expérience et développe des thèmes populistes qui ne doivent pas être ceux d'une personne qui vise la magistrature suprême.
Fabius m'a plu car il a une stature d'homme d'Etat et un discours de gauche. Il défend le projet socialiste. Ségolène Royal n'a rien dit, que des banalités et c'était triste à mourir, même pour elle. C'était pathétique. En plus, les sifflets n'ont pas été organisés. Elle n'a pas été sifflée à son arrivée sur scène mais ce sont ses propos qui ont provoqué progressivement de la déception.
Il y a eu deux registres convaincants, chacun dans son style : celui de DSK, sur le plan de la pédagogie. Et Fabius, sur la vérité de la gauche. J'ai trouvé Strauss-Kahn courageux car il a prononcé un discours lyrique et ce n'est pas dans son habitude. Il a cogné sur Ségolène. Personnellement, Royal m'a fait peur. Pour la première fois, elle parlait sans notes et elle s'est révélée très faible dans sa façon de s'exprimer. Une Arlette Laguiller du catéchisme. Et puis à force de faire des clins d'œil à la droite, elle a fait peur à la salle sur les valeurs de gauche.
Difficile de dire qui l'a emporté. DSK a été le meilleur sur le réalisme et la capacité de faire gagner la gauche dans la durée. Fabius a été convaincant en proposant des mesures concrètes pour les milieux populaires. Enfin, Ségolène Royal a été décevante car elle a été trop générale. Elle s'est trop étendue sur la démocratie participative sans aborder d'autres sujets. Elle n'a pas été très percutante. Pour le vote, j'hésite encore entre Strauss-Kahn et Fabius. Je me déciderai dans les derniers jours.