31 octobre 2006
DSK à Strasbourg le 4 novembre

Grand meeting avec Dominique Strauss-Kahn à Strasbourg
Palais des Congrès - samedi 4 novembre 2006 à 18h30 (horaire modifiée)
Alain Gesmar votera Dominique Strauss-Kahn
ALAIN GESMAR : JE VOTERAI SANS HESITATION DOMINIQUE STRAUSS-KAHN
Tribune parue dans Le Monde, le 31 octobre 2006
Alain GESMAR, figure de proue du mouvement de mai 68, entré au Parti socialiste en 1986 et membre du courant jospiniste "Nouvelle voix" (dont beaucoup de membres l'ont quitté pour rallier Ségolène Royal) explique pourquoi lui votera pour DSK le 16 novembre prochain.
"Aux côtés de Daniel Cohn-Bendit et de Jacques Sauvageot, j’ai été un des porte-parole de Mai 68, puis j’ai rejoint les maoïstes, croyant sincèrement aller ainsi au bout de l’espoir soulevé par Mai. J’ai vécu, j’ai vu passer les années et les hommes, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, dont l’élection m’a libéré de mon inscription gauchiste.
En 1986, le PS a perdu les élections et je l’ai rejoint, j’ai rencontré alors Lionel Jospin, qui incarnait ce parti. Je n’ai jamais depuis regretté ce choix de 1986, puis mon choix de Lionel Jospin, dans les bons et les mauvais jours. Auprès de lui, j’ai reconnu cette valeur suprême pour un homme, au-delà des allégeances et des fidélités, d’être libre et responsable de ses choix.
En politique, il existe trois fondamentaux à mes yeux : les orientations de base, leur gestion une fois élu, et les comportements personnels de ceux qui les incarnent. C’est ce triptyque qui fonde nos valeurs.
LE PLUS DÉCISIF
C’est ce dernier point, le comportement humain et politique des hommes et des femmes candidats, qui est le plus décisif à mes yeux, et qui l’est encore plus quand il s’agit justement de choisir, non le projet que nous avons déjà élaboré ensemble, mais la personne qui nous propose de l’incarner
Des trois candidats en lice, Dominique Strauss-Kahn, que j’ai côtoyé depuis vingt ans, est de très loin et sans aucune hésitation celui que je respecte le plus.
D’autres camarades, parfois très proches, font d’autres choix. J’espère de tout coeur les retrouver tôt ou tard, d’autant qu’il ne s’agit en aucune façon pour moi d’une allégeance à un courant, mais bien d’une réponse à la question posée du choix du meilleur candidat pour cette élection majeure. Personne ne peut s’y tromper.
Si j’avais voulu persévérer dans le rejet de la démocratie représentative, de la démocratie bourgeoise, je n’aurais sûrement pas choisi le Parti socialiste, qui fait du suffrage universel l’alpha et l’oméga de son attachement à la démocratie. Je ne souhaite pas me rapprocher du peuple en le flattant, mais en le respectant.
D’autres amis, extrêmement proches aussi, ne se prononcent pas. Je les comprends bien. Mais je me dis que j’ai trop vu de gens pleurer de n’avoir pas fait le choix de la raison, quand il en était temps en avril 2002, pour pouvoir les suivre. Je sais que, cette fois, tous les candidats sont socialistes, mais ils m’apparaissent si différemment socialistes que je ne peux m’empêcher ce rapprochement, même choquant. Je voterai Dominique Strauss-Kahn parce que je peux partager avec lui l’essentiel de ce qui fonde mon engagement au Parti socialiste."
Alain Geismar, universitaire membre du Parti socialiste.
30 octobre 2006
L'avis des internautes sur les présidentiables
Sur Expression-publique, un sondage intitulé Donnez votre avis sur les présidentiables de gauche et de droite ! apporte d'intéressantes informations sur les différentes candidats à la présidentielle. Pas moins de 4009 internautes ont répondu aux questions de ce sondage.
1/ 47% des internautes souhaitent l'élection d'un président de la République de gauche, 38% de droite et 16% ne se prononcent pas.
Par contre, à la question "qu'est-ce qui vous paraît le plus probable à l'élection présidentielle ?", les réponses sont extrêmement partagées : 35% répondent l'élection d'un président de gauche, 34% celle d'un président de droite et 32% ne se prononcent pas !
2/ Expression-Publique a demandé ensuite aux internautes de dire si telle ou telle personnalité de gauche et de droite avait la dimension nécessaire pour être président de la République. 17 personnalités étaient testées. Voici les résultats :
1. Dominique Strauss-Kahn (oui = 68%, non = 26%) : net et sans bavure !
2. Nicolas Sarkozy (oui = 55%, non = 41%)
3. François Bayrou (oui = 42%, non = 51%)
4. Ségolène Royal (oui = 41%, non = 53%)
5. Dominique de Villepin (oui = 41%, non = 53%)
6. Jacques Chirac (oui = 35%, non = 57%) : le pdt en place n'est que 6ème c'est dire !
7. Laurent Fabius (oui = 34%, non = 60%)
8. Michèle Alliot-Marie (oui = 33%, non = 60%)
9. Jean-Marie Le Pen (oui = 14%, non = 81%)
10. Philippe de Villiers (oui = 13%, non = 84%)
11. Nicolas Dupont-Aignan (oui = 9%, non = 83%)
12. Marie-George Buffet (oui = 9%, non = 87%)
13. Dominique Voynet (oui = 6%, non = 90%)
14. José Bové (oui = 6%, non = 91%)
15. Olivier Besancenot (oui = 3%, non = 94%)
16. Christine Boutin (oui = 2%, non = 94%)
17. Arlette Laguiller (oui = 2%, non = 95%)
Seuls Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ont un solde positif de réponse. DSK est loin devant, Ségolène arrivant en 4ème position mais à égalité avec Dominique de Villepin et derrière François Bayrou. Voilà un enseignement dont les militants devraient tirer les leçons avant de voter le 16 novembre !
3/ Les internautes ont été interrogés pour savoir des trois candidats socialistes, lequel ils préféraient voir désigner pour l'investiture. Ils ont été 34% à répondre DSK, 31% à répondre Ségolène Royal et 10% Laurent Fabius (25% ne se prononcent pas).
Dans un duel DSK/Ségolène Royal, ils préfèrent à 43% DSK contre 34% Ségolène Royal (23% NSPP).
Dans un duel DSK/Laurent Fabius, ils préfèrent à 58% DSK contre 17% Laurent Fabius (25% NSPP).
4/ Pour terminer, on a demandé aux internautes qui sera, selon eux, désigné : 65% Ségolène Royal, 15% DSK, 3% Laurent Fabius (17% ne se prononcent pas). Il s'agit du même phénomène que pour le milieu de campagne sur le TCE en 2005. Une majorité affirmait qu'elle voterait Non mais estimait que le Oui passerait. On remarquera au passage que cette réponse comme celle du 3/ au-dessus est quasiment identique à celle qu'ont donné les internautes il y a 10 jours (voir plus bas sur notre blog), à ceci près que DSK a pris 2pts sur les indécis sur cette réponse et sur la question 3/, DSK est désormais en tête (inversion du résultat Ségolène Royal / DSK). Ceci est confirmé par le fait que les internautes jugent "probable ou très probable" un second tour "Ségo/Sarko" (72%), mais sont une majorité (52%) à penser qu'un tel scénario serait "peu souhaitable ou très peu souhaitable".
La dynamique en faveur de Dominique Strauss-Kahn est donc bien réelle.
5/ Si l'élection avait lieu dimanche, Nicolas Sarkozy et DSK feraient jeu égal avec 26% des suffrages au premier tour, selon les internautes, devant François Bayrou et Jean-Marie Le Pen. Par contre, Nicolas Sarkozy battrait nettement Laurent Fabius (27% contre 16%), celui-ci étant dépassé également par François Bayrou.
29 octobre 2006
Ségolène : et si ce n'était pas elle ?

« C’est indéfinissable. Presque physique. Cela ne repose pas sur grand-chose. Une somme d’impressions. Des notations éparses. C’est la petite musique du doute. Et pourtant, c’est le fait politique majeur de la période qui s’ouvre, au sein du PS. Et si ce n’était pas elle… ».
C’était il y a dix jours à peine, le NouvelObs (n°2189 du 19 octobre) débutait ainsi un premier article sur ce phénomène à peine croyable : la « reine des sondages », selon les termes employés par les médias, ne semblait plus intouchable. Le NouvelObs avait pourtant été le premier à déclarer sa flamme à Ségolène Royal, il y a un an, en titrant sa une « Et si c’était elle ? ». Par la suite, il avait contribué, sans faille, avec d’autres, à sa popularité.
Et l’hebdomadaire, de constater que « Ségolène Royal enregistre plus de ralliements que d’adhésions », livrant les doutes d’un Pierre Mauroy, lui-même rallié de dernières minutes, à la fois affecté et lucide : « Ça sera plus dur que prévu, a soupiré le vieil éléphant (sic). Dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent ».
Que s’est-il donc passé ? Depuis le début du mois d'octobre, nous sommes passés, comme l’avait prédit DSK, du virtuel au réel. La campagne se déroule à l’intérieur du Parti socialiste et non plus par la seule harangue de l'opinion à travers des médias friands de transgressions. Ce faisant, comme le dit Libération de ce week-end (n°7923 du 28-29 octobre), « La favorite essuie ses premiers revers ». En une semaine, elle a perdu 15 points chez les sympathisants. Peu importent les chiffres, la tendance est là.
Depuis son entrée dans la campagne interne, rentrée dans le moule partisan, elle fait montre de moins d’audace et se banalise. Ses soutiens en rafale peinent à démontrer leur sincérité, à tel point que sa candidature fait, comme le dit fort justement Michel Soudais (Politis n°920 du 5 octobre), désormais figure de candidature des éléphants et de l’ « ancien parti socialiste » : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... autant de septuagénaires ou octogénaires, souvent lestés voire plombés d' "affaires" encombrantes, sans parler d'une cour de barons locaux pour le moins soucieux de leurs postes présents et futurs.
Cependant, avec les 35-heures, la carte scolaire, l’encadrement militaire des primo-délinquants, reconnaissons-le : Ségolène Royal a eu un grand mérite en ouvrant ces débats, dont la gauche s’était jusqu’à présent refusée de se saisir, préférant jouer l’autruche entre chaque séisme dans les urnes.
Mais Ségolène Royal a été grandement irresponsable de se refuser à ouvrir des pistes sérieuses pour apporter des débuts de réponse à ces interrogations. Se contentant de dénoncer ce qui constituent, finalement, les demi-échecs ou les demi-réussites de la gauche, elle a laissé nos concitoyens et les militants en attente. En donnant un coup de pied dans la fourmilière, elle a réveillé quelque chose en eux, une approbation qui s'ajoutait à la nouveauté représentée par une candidature féminine, mais ne parcourant que la moitié du chemin, elle ne peut pas emporter leur adhésion. Elle ne le pourra pas plus demain, car il lui manque la construction doctrinale, la capacité de mettre en dynamique et la vision du futur complexe, les trois qualités que possèdent justement Dominique Strauss-Kahn.
On ne conduit pas un pays comme on conduit une région. C'est un fait. Les débats ont permis d'éclairer les français et les militants sur cette réalité qui fait son chemin. Voilà pourquoi DSK progresse dans l'opinion, petit à petit. L'édifice se construit d'un côté, de l'autre le mirage s'estompe.
« Chez les militants, la parole se libère », titre également le Libération d'aujourd'hui. « Il y a un mois, personne ne se risquait à dire du "mal" de Ségolène Royal. Ce n'est plus vrai ». Aujourd'hui, les langues se délient. Sans doute « la posture de victimisation commence à lasser », note Paul Quinio dans le quotidien. Sans doute aussi la proposition d'instaurer des jurys de surveillance des élus et de filmer le conseil des Ministres, désapprouvée unanimement par les élus (Association des maires de France, Fédération nationale des élus socialistes et républicains,...), est-elle le "coup de trop", celui qui emporte avec lui la crédibilité de l'auteur. Les préoccupations de la plupart des Français ne sont-elles pas plus "terre à terre" : du pouvoir d'achat, la fin des discriminations et l'égalité réelle, un logement convenable, une bonne école, des études qui débouchent sur un emploi, une protection contre les aléas de la vie, la préparation de l'avenir du pays dans une mondialisation difficile, une vue prospective de l'avenir ?
Plus que jamais, si Ségolène est l'image du changement et Fabius la rhétorique du changement, DSK lui en est l'ingénieur. Ne laissons pas les "désirs" des français sans débouchés, choisissons DSK.
OP
Retrouvez ici l'interview de DSK dans Libération du samedi 28 octobre 2006
28 octobre 2006
Dominique Strauss-Kahn applaudi à Nancy
Réunis vendredi soir dans l'amphi de la fac de droit de Nancy, plein à craquer pour l'occasion, plus de mille sympathisants, de tous les âges, jeunes et moins jeunes, ont pu écouter et interroger Dominique Strauss-Kahn pendant deux heures.

Ce grand amphi nancéien a dû rappeler à DSK des souvenirs, lorsque, jeune professeur agrégé d'économie, il y enseigna de 1978 à 1981. Toujours est-il qu'après une courte introduction sur la sociale-démocratie rénovée qu'il défend, les questions ont rapidement fusé dans la salle, aucun sujet n'étant épargné : bien sûr, l'Université et son avenir, après une question posée par Richard Lioger, président de l'université Paul-Verlaine de Metz, la condition de vie des étudiants et les bourses (question posée par un jeune étudiant de l'UNEF), permettant à DSK de développer sa proposition d'un "patrimoine de départ" pour les jeunes, que ce soit pour étudier, entreprendre ou se loger, le cumul des mandats (question posée par Véronique Roederer, conseillère municipale de Metz), la politique commerciale de la France et la compétitivité des entreprises, l'avenir du franc CFA et le développement du Sud, l'influence culturelle et politique française, la défense et le second porte-avion français, l'avenir de la sociale-démocratie, sa conception de la présidence, sans bien entendu oublier le déroulement de la campagne interne et des débats, la question des jurys populaires, auxquels DSK a redit son hostilité, car « créateurs de désordre », ou encore les méthodes d'approche différentes des deux autres candidats.

DSK et Jean-François Grandbastien, maire de Frouard et conseiller régional
Au total, dans une ambiance très studieuse qui sied au lieu, entrecoupée de vifs applaudissements, DSK a répondu à une quinzaine de questions dans le détail, arpentant l'estrade comme il le fait lorsqu'il enseigne. Il a insisté sur la nécessité de réformer radicalement, d'accepter les "pas en avant", même petits, lorsqu'ils vont dans le bon sens, et de dire la vérité, en bannissant le populisme qui détruit la démocratie et apporte les désillusions.
Dominique Strauss-Kahn a longuement développé sa conception de la présidence, une présidence à la fois engagée et responsable en permanence devant les français. Contrairement à une légende, le président doit être capable de tenir tête dans les réunions internationales car s'il ne gouverne pas seul bien entendu, il est seul à ces moments-là pour porter la voix de la France et de l'Europe. Tout au long de ses interventions, DSK s'en est pris avec gravité et humour à la politique de la droite et aux penchants populistes, libéraux et bushistes de Nicolas Sarkozy, "le panaméen" qui veut supprimer les droits de succession pour les plus riches.
Dans l'amphi, plusieurs partisans de Ségolène Royal se sont avoués conquis par la prestation et l'argumentation développées par DSK. Franchiront-ils le pas pour quitter les apparences et rejoindre leurs convictions profondes ?
DANS LA PRESSE:
Samedi 28 Octobre 2006, © L'Est Républicain / Nancy
Strauss-Kahn applaudi à Nancy
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Applaudi à plusieurs reprises chaudement ! Photo Serge LALISSE | |
Ils l'ont écouté avec attention, durant deux heures, dans le grand amphi de la fac de droit. De manière quasi studieuse. Mentons tendus, yeux braqués sur lui. Avec un intérêt qui aurait vraisemblablement ravi le jeune professeur qu'il fut, dans ce même amphi nancéien, de 1978 à 1981, juste après son agrégation.
Dominique Strauss-Kahn avait presque des accents professoraux, hier soir, face au bon millier de personnes venues entendre son point de vue de candidat à la candidature socialiste aux présidentielles. Il s'exprimait debout, main dans une poche, micro dans l'autre. Puis, quand son propos s'animait, le micro passait prestement dans l'autre main et celle restée libre s'agitait.
Devant lui, jusqu'en haut de l'amphi plein à craquer, une moitié d'étudiants, dont de nombreux de sciences po, pour une moitié de personnes plus âgées. Strauss-Kahn n'a pas manqué de souligner que toutes les générations étaient représentées, « des jeunes à ceux qui ont des cheveux plus gris, comme moi... »
Répondant aux questions de la salle, il a su aborder de nombreux thèmes, sous un angle qui lui tient à coeur : celui de la sociale démocratie (notre édition d'hier en page France). René Mangin, vice-président socialiste du conseil général, s'est rallié à lui. Jean-François Grandbastien, maire de Frouard, le soutient activement. Le président d'une université de Metz a pris le micro pour utiliser un tutoiement très militant.
On a même vu la grande silhouette de Mathieu Klein, hier soir, poindre en milieu de travée d'amphi. Mais le jeune vice-président socialiste du conseil général ne s'est pas assis. Il est vrai qu'il a milité pour le non à la Constitution européenne, quand Dominique Strauss-Kahn disait oui.
Reste que personne n'a sifflé le candidat à la candidature. Bien au contraire ! Applaudi à plusieurs reprises relativement chaudement, Strauss-Kahn avait le sens de la formule, il a même décoché quelques flèches, il est vrai, déjà entendues.
Mais, hier soir, ses partisans pouvaient avoir le sentiment que le vent soufflait dans son sens.
Philippe MERCIER
27 octobre 2006
Dominique Strauss-Kahn soulève le Zénith
Dans une salle du Zénith pleine à craquer et dans une ambiance surchauffée avec plus de 6.000 militants, les trois candidats socialistes se sont retrouvés hiers soir pour ce qui restera dans les souvenirs de ceux qui y ont assisté comme un (le) très grand meeting de cette campagne à l’investiture.
Pas de caméras, pas de micros, tout pour les militants, un vrai meeting politique avec enthousiasme, applaudissements et sifflets comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps.
Laurent Fabius, toujours excellent orateur, a franchement fait un tabac sur ses thèmes de prédilection, mais il a sombré sur l’Europe, les militants ne pouvant que rejeter son discours contradictoire avec ses actes sur un sujet pourtant majeur pour l’avenir de notre pays.
Ségolène Royal a commencé son intervention sous les applaudissements et l’a terminée sous la réprobation quasi-générale des militants qui, selon elle, « auraient peur du peuple », alors que les militants franciliens sont reconnus pour être particulièrement proches du terrain, dans les associations, sur les marchés, dans les réunions des comités de quartier. Elle a redéfendu, quoiqu’avec peu d’assurance et d’enthousiasme, ses « jurys populaires » (rappelons au passage que tant l’Association des maires de France que la Fédération des élus socialistes et républicains se sont démarquées de cette proposition). Fébrile, elle s’est également nettement démarquée du projet socialiste : « Les catégories populaires qui nous ont manqué en 2002 ne vont pas revenir comme ça vers nous parce qu'on va agiter le projet », a-t-elle scandé.
De son côté, Dominique Strauss-Kahn a été copieusement applaudi par la salle toute entière, à plusieurs reprises debout. Détendu, il s’est efforcé avec humour de calmer le jeu et a rappelé qu’il voulait « une société de confiance, pas une société de surveillance. Une société d'émancipation, pas une société de suspicion ». « Entre les trains bondés et les barres bétonnées, entre une somme de nuisances et les hypermarchés trop chers se concentrent dans certaines banlieues tout ce que la France compte d'inégalités », a rappelé le député de Sarcelles, insistant sur le désir d’égalité réelle des français : « Les banlieues ne sont pas des terrains conquis militairement et qu'il faut occuper. Ce sont des villes où il y a nos jeunes, ce sont des villes où nous sommes tous ! ».
De l’avis des quelques journalistes qui s’étaient glissés subrepticement dans la salle, Dominique Strauss-Kahn a été « extraordinaire » (sic). Si le meeting, d’une qualité exceptionnelle, avait été retransmis à la télévision, nul doute qu’il aurait été considéré par les commentateurs comme un tournant de plus dans la campagne illustrant la dynamique autour de DSK.
Les militants ont montré qu’ils avaient envie de se faire entendre et qu’ils seraient, eux, maître de leur choix. Un choix éclairé.
25 octobre 2006
DSK précise son idée de "patrimoine de départ" pour jeunes
Dominique Strauss-Kahn a précisé les contours du "patrimoine de départ" qu'il souhaite accorder aux jeunes en difficulté pour les aider à financer leurs études ou acheter un logement.
L'ancien ministre de l'Economie, qui brigue l'investiture présidentielle socialiste, a suggéré d'utiliser une partie des droits de succession pour financer cette "mesure d'avenir" en plus des recettes fiscales récupérées en revenant sur les "baisses d'impôts scandaleuses" accordées par la droite "aux plus riches".
"Il est bien normal que l'argent de ceux qui nous quittent servent à l'ensemble des jeunes", a-t-il fait valoir sur France 2, précisant ne pas avoir entièrement terminé le "chiffrage" de cette proposition qu'il va soumettre à débat sur son blog http://www.blogdsk.net.
"Je lance sur mon blog, à partir de ce soir, un débat sur cette question, pour que les discussions puissent avoir lieu", a affirmé l'ancien ministre de l'Economie, qui était invité du journal de 20h sur France 2. Il a ensuite précisé qu'il en tirerait des propositions, concernant l'utilisation de ce patrimoine, dans une "quinzaine de jours".
Au lendemain du deuxième débat télévisé entre présidentiables socialistes, "DSK" a critiqué de nouveau la proposition de Ségolène Royal visant à créer des "jurys de citoyens" pour contrôler les élus.
"On vit dans une société qui est éclatée aujourd'hui et je ne veux pas d'une société qui est sur la défiance et ces jurys populaires, ça relève un peu de la défiance (...) Moi, je veux qu'on arrive à créer une société de confiance", a expliqué l'élu du Val d'Oise.
La présidente de Poitou-Charentes a également suggéré mardi soir que l'on ouvre le conseil des ministres à des citoyens, une proposition dénoncée par Dominique Strauss-Kahn.
"Attendez au conseil des ministres, il s'y débat des choses qui relèvent du secret national, des questions militaires. Quand même, c'est sérieux comme questions! Ce n'est pas un débat d'usager où chacun doit donner son avis! "
Malgré la véhémence des critiques contre la favorite des sondages, l'ancien ministre a assuré que "celui qui l'emportera ou celle qui l'emportera aura tous les socialistes derrière pour faire campagne" après le vote des militants le 16 novembre.
"Si elle l'emporte - et je ne crois pas que cela va se passer comme ça - je ferais ce qu'elle me demande dans la campagne", a-t-il promis.
Dominique Strauss-Kahn progresse après les débats
Interrogé sur le candidat qu'ils souhaiteraient voir désigné candidat du PS à l'élection présidentielle, 59% citent Mme Royal. C'est 4 points de moins qu'après le premier débat. M. Strauss-Kahn est cité par 34% (+2) et M. Fabius par 7% (+2).
Depuis le début du processus de désignation interne, Mme Royal a perdu 7 points (de 66% à 59%) auprès des sympathisants PS. M. Strauss-Kahn en a gagné 7 (de 27% à 34%) et M. Fabius est resté stable à 7%.
Ce sondage OpinionWays pour LCI-Le Figaro a été réalisé les 24 et 25 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 406 sympathisants socialistes ayant regardé le débat, sélectionnés du 20 au 23 octobre à partir d'un échantillon national représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
A la suite du débat télévisé d'hier soir, les internautes ont été interrogés par LCI (voir le sondage) pour savoir qui, selon eux, avait été le plus convaincant sur les sujets de société. Leur verdict (4537 réponses !) place une nouvelle fois en tête DSK : Ségolène Royal 18%, Laurent Fabius 36%, DSK 45%. LCI titre d'ailleurs ainsi sa "une" politique :
"2EME DÉBAT PS : DSK PROGRESSE À PETIT PAS"
La rédaction du quotidien Le Parisien ne s'y est pas trompé : les 12 journalistes ont noté nos trois débatteurs sur les deux premiers débats. DSK arrive en tête avec une moyenne de 14,5/20, Ségolène Royal obtenant une moyenne de 13/20 et Laurent Fabius de 12/20.
En bref, comme on dit au football, les trois ont haussé leur niveau de jeu. Pour autant, Ségolène Royal était sur la défensive, Laurent Fabius offensif mais hors jeu, et Dominique Strauss-Kahn constructif : il a réussi à donner un sens à la refondation républicaine qu'il préconise.
24 octobre 2006
Communiqué de presse du comité de soutien à DSK en Moselle


Retrouvez le communiqué de presse du 10 octobre au format pdf ici.
23 octobre 2006
Non aux jurys populaires !
Dominique Strauss-Kahn s’exprimait ce matin sur Europe 1. Interrogé sur les « jurys populaires » proposés par Ségolène Royal qui ne figurent d'ailleurs nullement dans le projet socialiste, DSK s’y est fermement opposé, répliquant qu’il était favorable à la généralisation des comptes-rendus de mandats.
Les jurys populaires, outre qu’ils rappellent furieusement l’époque stalienne de l’URSS avec les commissaires du peuple et les commices politiques communistes, sont contraires aux articles 3 et 27 alinéa 1 de notre Constitution. Aucun démocrate ne peut accepter qu’un petit groupe, fut-il tiré au sort, s’accapare les pouvoirs du peuple et de ses représentants. Attention : danger, dérapage en cours !
PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, s'est opposé lundi à la proposition de Ségolène Royal de « jurys populaires » pour contrôler les élus, préférant « des comptes-rendus de mandat aussi fréquents que possible ».
« Généralisons les comptes-rendus de mandats, mais pas de jurys populaires. Le suffrage universel, c'est la règle et dans l'intervalle, entre deux élections, des comptes-rendus aussi fréquents que possible », a-t-il déclaré sur Europe 1.
Dominique Strauss-Kahn était interrogé sur la proposition de sa concurrente pour l'investiture PS Ségolène Royal d'instituer « des jurys de citoyens tirés au sort » qui évalueraient les politiques mises en place par les élus.
« S'il s'agit de dire que les élus doivent faire des comptes-rendus de mandat, comme le fait Bertrand Delanoë à Paris, il n'y rien de neuf. S'il s'agit de mettre en place, éventuellement en les tirant au sort, des assemblées qui viendraient concurrencer celles qui ont été élues démocratiquement en début de mandat et mettent en place la politique municipale, départementale, régionale, je suis contre », a expliqué M. Strauss-Kahn.
Selon le député du Val d'Oise, « ce serait créateur d'un énorme désordre que d'avoir des assemblées d'un côté qui critiqueraient une autre assemblée qui elle aurait été élue ».
Evoquant la primaire entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et lui-même, Dominique Strauss-Kahn a affirmé que « cela bouge beaucoup dans le PS » et que « le deuxième tour est probable ». « Les choses ne sont pas faites », a-t-il dit.
