16 octobre 2006
Strauss-Kahn formule son "pacte de l'Elysée" pour restaurer la confiance
Dominique Strauss-Kahn s'est engagé lundi, s'il est désigné par le PS puis élu président en 2007, à un "pacte de l'Elysée" pour faire émerger avec les partenaires sociaux un compromis capable d'insuffler la "confiance" et répondre aux défis de la retraite et du pouvoir d'achat.
A la veille du premier débat télévisé, qui va l'opposer mardi soir à ses concurrents à l'investiture PS, Laurent Fabius et Ségolène Royal, l'ancien ministre des Finances a donné le ton de sa campagne axée sur le règlement des questions économiques et sociales, qui « sont centrales » à ses yeux.
Il a ainsi égrené devant la presse 18 propositions qui « complètent et précisent » le projet socialiste.
Le premier chantier sera la mise en place d'un "pacte de l'Elysée": il s'agit d'un « engagement du président de la République, pour mettre en place, sous son égide, une négociation qui redéfinisse un nouveau compromis social », a-t-il expliqué.
Ce compromis, qui devrait intervenir avant fin 2007, doit porter sur plusieurs questions : le pouvoir d'achat - revalorisation du Smic et des carrières-, la sécurisation professionnelle, le système de retraite, la santé au travail.
« Si les socialistes me choisissent comme leur candidat, je m'engagerai vers la réalisation de ce pacte dès avant l'élection présidentielle pour qu'elle puisse aboutir fin 2007 », a-t-il promis.
Pour M. Strauss-Kahn, le président de la République doit "s'impliquer" directement pour résoudre les problèmes économiques et sociaux et ne pas se contenter d'un rôle d'arbitre, comme le fait, selon lui, Jacques Chirac.
Les défis auxquels la France est confrontée aujourd'hui sont d'une "autre nature" que ceux que la gauche, revenue au pouvoir, avait dû affronter en 1997, estime l'ancien ministre.
« Aujourd'hui, et plus encore demain, la France est exposée à un risque de déclassement », marqué notamment par une perte de compétitivité », a-t-il diagnostiqué. « Il s'agit d'un problème "structurel", lié notamment à l'émergence de nouveaux pays comme la Chine et l'Inde, et au retard pris par la France dans le domaine de la recherche », selon lui.
Le candidat socialiste propose ainsi une hausse de l'effort de recherche à 3% du PIB (contre 1,8% actuellement) avant la fin du quinquennat, et préconise une autonomie et une démocratisation des universités.
Au niveau européen, l'ancien ministre prône une coordination des politiques économiques, une harmonisation des bases de l'impôt sur les sociétés, la réforme de la politique de la concurrence pour permettre l'émergence de champions européens et une évolution de la PAC favorisant une alimentation plus saine.
Pour lutter contre les inégalités nées de la mondialisation, il propose un fonds de réindustrialisation et le paiement de la taxe professionnelle pendant trois ans par une entreprise bénéficiaire qui délocalise.
Pour sortir les jeunes du chômage de masse, le député du Val d'Oise préconise en particulier le droit à la scolarité jusqu'à 18 ans et à l'enseignement en alternance.
Il propose aussi de moduler l'impôt sur les sociétés pour favoriser les contrats à durée indéterminée et une loi sur la faillite mettant les artisans à l'abri des poursuites sur leurs biens personnels.
M. Strauss-Kahn s'est par ailleurs déclaré "très fier" du soutien que lui a apporté l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter.
RETROUVER CI-DESSOUS L'INTÉGRALITÉ DE SON INTERVENTION. BONNE ÉCOUTE...
Robert Badinter choisit DSK
C'est un proche de Laurent Fabius... et pourtant, Robert Badinter lui préfère Dominique Strauss-Kahn dans la course à l'investiture PS pour la présidentielle. L'ancien ministre socialiste de la Justice et actuel sénateur des Hauts-de-Seine ne fait pas mystère de cette préférence, qu'il explique dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France.
Ma "préférence va à Dominique Strauss-Kahn", d'abord "parce qu'il a été un très bon ministre de l'Economie", argumente Robert Badinter. Or, ajoute l'ex-président du Conseil constitutionnel "dans le monde où nous sommes, les problèmes économiques sont essentiels et les grands choix faits par le président de la République dans ce domaine sont décisifs".
Ensuite, explique Robert Badinter, DSK "a une grande expérience internationale. Sa formation universitaire comme son activité comme ministre de Commerce extérieur lui ont assuré un crédit personnel important au sein des organisations internationales". L'ex-président du Conseil constitutionnel souligne aussi les "convictions profondément européennes" de Dominique Strauss-Kahn. Enfin, l'ex Garde des Sceaux salue un "social-démocrate, dont les vues sur la gestion de la société française, alliant le dynamisme d'un marché régulé et le constant souci de la justice sociale, rejoignent" les siennes.
Le comité de soutien mosellan à DSK dans le Républicain Lorrain
© Le Républicain Lorrain, Lundi le 16 Octobre 2006. / Infos / France
DSK fédère ses supporters...
Maire de Woelfling-lès-Sarreguemines et conseiller régional, Michaël Weber préside le comité de soutien mosellan à la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Le Mosellan considère que la solide expérience économique de son champion constitue la meilleure garantie d'application du programme socialiste. A ses côtés, on trouve notamment Jean-Marie Aubron, député et conseiller général, Lionel Fournier, maire de Rombas et conseiller régional ou encore Richard Lioger, président de l'université de Metz. Quant à DSK, il fera étape à Nancy le 27 octobre.