05 octobre 2006
Dominique Strauss-Kahn, candidat de la vraie gauche qui dure

« Etre candidat, c'est rendre à la France ce qu'elle m'a donné ». C’est sur ces mots que Dominique Strauss-Kahn a entamé hier soir à Alfortville, devant plus de 1800 adhérents socialistes, son premier meeting depuis le dépôt officiel de sa candidature à l'investiture socialiste.
Le candidat socialiste à l’investiture s'est fait l’avocat d’ « une vraie Gauche, qui dure, dans la droite ligne des conquêtes de la Révolution française, du Front Populaire et de la Résistance » et s’est présenté en homme de convictions, défendant l'idée d'un président qui dirige. « Il faut faire du président un joueur et non un arbitre », a-t-il insisté.
DSK a également récusé le « socialisme national » : « La France, je veux la protéger, la faire respecter. Mais je connais les dangers du nationalisme. Si le socialisme se réduisait à être national, il n'aurait plus de sens, il oublierait nos valeurs (...). Mon socialisme est un internationalisme », a-t-il lancé. « Le socialisme, c'est l'approfondissement de la République, ce n'est pas la réification de la nation. Nous le savons depuis Jaurès, Blum et Mitterrand », a-t-il déclaré sous les applaudissements. « L'adage dit qu'on ne peut servir deux maîtres. Moi, je choisis d'en servir deux : la République et la Gauche ».
DSK a célébré un « socialisme qui sache prendre les avancées » plutôt que les refuser parce qu’elles sont insuffisantes. « Il faut prendre le monde comme il est pour le changer ». Il a ouvertement revendiqué l'héritage socialiste, le droit de grève, les congés payés et n’a pas manqué de rendre hommage à Lionel Jospin et au travail de la gauche entre 1997 et 2002, appelant les communistes et les Verts à réaliser un contrat avec les socialistes, répétant la phrase de Karl Marx : « il vaut mieux un pas en avant que mille programmes ». DSK s'est engagé à ce que la gauche « renoue avec la feuille de paie » et instaure des « contrepoids et des contre-pouvoirs à l'économie de marché ». « Changer la vie de ceux qui souffrent, c'est cela que, pour commencer, je vous promets ! » a-t-il clamé sous des salves d'applaudissements. Et pour cela, il faut « une gauche qui apprenne à tenir ses promesses, une gauche qui dure, une gauche qui reste au pouvoir non pas par goût du pouvoir mais parce qu'il faut du temps pour que les réformes entrent dans les faits ».
« Je fais deux promesses : une campagne sans concession qui mène à la victoire contre la droite en 2007, et celle d'un retour de la vraie gauche, celle qui sait vraiment changer le monde en profondeur, celle dont les socialistes ont toujours rêvé » a-t-il promis aux socialistes et aux français.
Pour conclure, il a invité les socialistes à « une bataille pacifique mais déterminée » sous les auspices des trois étoiles auxquelles il croit plus que tout : la Gauche, la République et la France. "Strauss-Kahn, y va gagner". "DSK, président!", ont scandé les militants.
La vidéo de l'intervention de DSK à Alfortville
"Par-delà le toit de ce gymnase, je vois trois étoiles dans notre ciel politique : le socialisme, la République et la France. Ce sont ces trois étoiles qui doivent nous guider et c’est à ce combat que je vous invite maintenant au service du socialisme, de la République et de la France".
DSK dans la presse :
Le candidat "DSK" se réclame des "petits pas" plutôt que des grands soirs (Le Monde)
DSK marque ses différences avec Royal (Le Figaro)
Premier meeting pour Dominique Strauss-Kahn (France 2)
Strauss-Kahn se pose en garant de la République et de la gauche (Dépêche Reuters)
"La vraie gauche" de Strauss-Kahn (site de RTL).