La Moselle avec DSK

Le blog de Socialisme et Démocratie et du comité de soutien à DSK en Moselle

29 septembre 2006

Agenda de Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn a officialisé sa candidature dans le quotidien Ouest-France (lire ci-dessous) avant d'aller déposer demain sa candidature et ses parrainages rue de Solférino.

Il sera présent au  "20 heures de TF1" ce vendredi.

Dimanche, l'ancien ministre de l'Economie sera l'invité du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Monde à 18h30.

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Dominique Strauss-Kahn : « Pourquoi je suis candidat »

DSK candidatArticle paru dans l'édition d'Ouest-France du vendredi 29 septembre 2006

Après le renoncement de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre de l'Économie, dépose sa candidature à la présidentielle devant les militants socialistes.

Êtes-vous candidat à la présidentielle devant les militants socialistes ?

Oui, je dépose demain ma candidature. J'ai écouté les Français, sillonné le pays depuis plusieurs années. Je crois que la France est confrontée à des défis de grande ampleur. Moi, je dis : la rupture, c'est avec la politique de la droite qu'il faut la faire. Le moment de la vérité est venu. Ce qui est en cause, ce sont des choix qui marqueront pour longtemps la vie de chacun d'entre nous, de nos enfants et de nos parents.

Y pensiez-vous tout petit ou en vous rasant ?

Non. Avant de faire de la politique, j'ai enseigné l'économie, et je continue d'ailleurs de le faire ! Donc, pour moi, il ne s'agit pas d'une ambition que j'ai pu former tout petit. C'est une conviction qui s'est affirmée progressivement depuis le 21 avril 2002. Et quand je vois l'état de la France aujourd'hui, c'est maintenant, pour moi, un devoir. Maintenant une phase nouvelle commence. Elle va nous permettre de parler enfin des vrais sujets et je m'en réjouis.

Lionel Jospin a renoncé à être candidat. Qu'est-ce que cela change pour vous ?

C'est un retrait, je souhaite que ce ne soit pas une retraite. Sa voix compte et comptera. Il a été fidèle à lui-même, c'est-à-dire cohérent : il avait fixé des conditions pour être candidat et il a constaté qu'elles n'étaient pas remplies. En même temps, il a, je crois, contribué à éclairer nos débats en portant une certaine vision de la politique que je partage et que je veux faire vivre.

En quoi, à vos yeux, seriez-vous le mieux à même de combattre Nicolas Sarkozy ?

Il faut quatre conditions pour le combattre efficacement. Être rassurant, car il inquiète. Être rassembleur, car il divise. Défendre l'intérêt général contre les clans. Être porteur d'un projet ancré dans ce que la France a de meilleur en rejetant « la rupture » qui n'est qu'une importation du modèle américain.

Vous voulez être le candidat du renouveau de la social-démocratie. Mais ce gène-là existe-t-il dans la gauche française ?

Oui, non seulement le Parti socialiste est social-démocrate mais la France elle-même est très largement social-démocrate... sans le savoir ! Moi, le social est ma priorité et la démocratie ma méthode. Je suis un réformiste qui veut transformer petit à petit notre société, qui sait qu'il faut créer de la richesse pour pouvoir en redistribuer, qui souhaite lutter contre les inégalités en les attaquant à la racine. Le réformisme demande du temps. Je veux une gauche durable.

Avec qui le PS devra-t-il gouverner s'il l'emporte ?

Avec la gauche ! Évidemment !

Peut-il y avoir un rassemblement de la gauche sans programme de gouvernement ?

Non. Nous ne devons pas nous limiter à des accords électoraux. Si nous voulons faire renaître l'espoir, il faut avoir plus d'ambition.

Pensez-vous être le mieux placé pour rassembler la gauche ?

Oui et même doublement ! Au sein du Parti socialiste, car je suis au point de rencontre de l'innovation et de la tradition socialiste. Au sein de la gauche, car j'assume clairement mon identité social-démocrate et je respecte depuis toujours toutes les autres sensibilités. La gauche a su se rassembler plusieurs fois : contre le CPE, contre l'expulsion des enfants sans papiers et, à mon initiative, contre l'article de loi sur les « bienfaits « de la colonisation et pour le réseau Enfants sans frontières.

La dispersion des candidatures à gauche ne risque-t-elle pas de reproduire un autre « 21 avril » ?

C'est un risque. Je sens encore dans l'électorat de gauche le souvenir brûlant du 21 avril et la volonté de ne jamais le revivre. Je ferai tout pour créer à gauche la dynamique permettant de la conjurer.

Le budget 2007 réduit sensiblement le déficit. C'est difficile à attaquer pour un ancien ministre des Finances ?

Pas du tout ! Depuis cinq ans, la France est mal gérée. Cinq ans de perdus : la dette augmente, le chômage n'a pas baissé, le déficit de la Sécurité Sociale a explosé. C'est aussi pour cela que les défis que nous devrons affronter après 2007 sont si difficiles. Sachons - enfin ! - dire la vérité aux Français. On peut être ambitieux pour son pays sans lui faire de fausses promesses. La règle est simple : ne prenons que les engagements que nous pourrons tenir. C'est en tout cas ce que moi je ferai.

Le financement des retraites reste un problème central. Est-il raisonnable de plaider pour l'abrogation de la loi Fillon ?

Les régimes de retraite continuent d'accumuler les déficits. La loi Fillon n'a pas résolu le problème de financement, mais elle a accru les injustices. Je remettrai tout à plat - mais soyons honnêtes : il ne sera pas possible de revenir aux trente-sept années et demie de cotisations pour tout le monde. Je demanderai une négociation avec les partenaires sociaux pour tenir compte notamment de la pénibilité des différents métiers et du montant des petites pensions.

Si vous étiez à l'Élysée, comment aborderiez-vous la question du Proche-Orient ?

Je suis choqué par l'incapacité de l'Europe à se faire entendre dans le processus de paix. Lors de la crise de cet été, le président de la République française avait l'occasion d'utiliser la traditionnelle présence de notre pays au Liban pour faire avancer des propositions au nom de l'Europe. Le modèle européen peut en effet servir d'exemple. Voilà des peuples, la France, l'Allemagne, qui se sont combattus pendant des décennies et qui ont réussi à surmonter leurs haines, jusqu'à créer un espace où les conflits se règlent autour d'une table, par le débat et par le droit. Porteurs de ce modèle, nous avons un rôle particulier à jouer, et nous ne le jouons pas !

Par quelle autre initiative, l'Union européenne devrait-elle reprendre sa marche en avant ?

Ce sera, pour moi, une priorité de tous les instants. Je veux que la promesse, originelle, de réussite économique soit satisfaite et c'est loin d'être le cas. Et je ne renonce pas à doter l'Union d'un projet politique : je souhaite que le modèle social européen soit, pour tous les pays dans le monde qui accèdent à la démocratie, une alternative crédible au modèle américain.

Recueilli par Jean-Yves BOULIC, Paul BUREL, Didier EUGÈNE et Roland GODEFROY.

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28 septembre 2006

Lionel Jospin ne sera pas candidat à l’investiture

jospinAnnoncée hier soir à ses proches et officiellement ce matin sur RTL, la décision de Lionel Jospin de ne pas présenter sa candidature aux militants était très attendue. Elle contribue à clarifier une situation nébuleuse et un débat paralysé par les incertitudes sur les personnes.

De ce point de vue, Lionel Jospin a été cohérent, soucieux de l’intérêt du PS et en phase avec les idées qu’il défend ; il avait annoncé que sa candidature n’était envisageable que si elle était utile et susceptible de rassembler, ce qui ne pouvait être le cas compte tenu du phénomène Royal, du fort appel pour un renouveau de la part de nos concitoyens et de la tardiveté de son « retour ». Il n’a pas voulu « fractionner le parti » en ajoutant une candidature de trop.

Mardi prochain, il y aura probablement 3 candidatures, chacune porteuse d’une ligne directrice différente et intelligible pour tous les militants :

  • une ligne Royal, faite de démocratie participative et d'opinion, blairiste et axée sur les valeurs familiales, à base d'ordre juste, située plutôt à droite du Parti socialiste.

  • une ligne DSK, sociale-démocrate, réformiste, axée sur la croissance solidaire et la justice sociale, fondée sur le socialisme d’émancipation, de production et de redistribution, située au cœur du Parti socialiste.

  • enfin, une ligne Fabius, classique à gauche (si ce n'est pour lui), étatique, sociale et ouvriériste, interventionniste et anti-libérale, située clairement à gauche du Parti socialiste.

Les militants seront amenés le 16 novembre prochain à choisir la candidate ou le candidat socialiste en fonction de la tonalité qu’il souhaite donner au projet socialiste au regard de la ligne politique défendue par chacun(e).

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27 septembre 2006

DSK, c'est l'anti-Sarko !

Retrouver ici les deux dernières lettres de Socialisme et Démocratie avec l'actualité (intervention de DSK à l'Assemblée nationale sur GDF-Suez, DSK dans la presse, DSK anti-Sarko) et les propositions de Dominique Strauss-Kahn, ainsi que le bloc-note de Jean-Christophe Cambadélis

Faites-la circuler autour de vous.

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25 septembre 2006

Grand meeting de soutien à DSK 4 octobre 2006 à Alfortville

Grand meeting de soutien à Dominique Strauss-Kahn le 4 octobre à Alfortville

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24 septembre 2006

DSK fustige Sarkozy

DSK_050_320x213Dominique Strauss-Kahn était ce dimanche l’invité d’honneur de la fête de la rose à Rennes. Devant un parterre de militants, le candidat à la candidature PS s’est d’abord exprimé sur la Bretagne. Après un vibrant hommage rendu à Edmond Hervé, maire de Rennes, pour qui il dit avoir beaucoup « d’admiration », DSK a salué les élus bretons. Il a précisé que, pour lui, la Bretagne est d‘abord « une terre, et l’une des plus belles du pays, porteuse de traditions. »

Sarkozy en ligne de mire

Ce sera d’ailleurs la seule phrase de DSK à l’égard de la Bretagne. La suite de son intervention a d’abord été dirigée contre Nicolas Sarkozy. Une attaque continue sur le double rôle tenu par le ministère de l’intérieur, futur candidat de plus en plus probable.

Dans une tirade sur l’importance de la prochaine élection présidentielle, « la plus importante depuis 1981 », DSK a mis à mal la politique actuelle du ministre de l’intérieur. Notamment sur les dossiers des enfants d’immigrés scolarisés, et sur la politique de lutte contre les insécurités, DSK a voulu montrer les échecs subits par le futur candidat UMP. Ces attaques ont permis à DSK de mettre en avant le futur rôle de la gauche dans cette élection. Une gauche que DSK veut voir « unis », fustigeant à l’occasion les guerres de personnes à l’intérieur du PS.

La refonte des institutions, un mal nécessaire

Outre la guerre contre Nicolas Sarkozy, DSK en est persuadé, l’élection présidentielle devra donner lieu à une modification des institutions. Pour DSK, le futur président devra avoir un rôle plus fort de chef d’équipe qui agit. Contrepoids nécessaire à ce nouveau pouvoir du chef de l’état, DSK opte pour un renforcement du contrôle du parlement sur la politique du gouvernement, et une augmentation de l’autonomie des collectivités territoriales. DSK a d’ailleurs parlé du besoin pour la France de devenir « une république territoriale » ou les collectivités locales sont fortes et agissent au plus proche du citoyen : il faut donner « un plus grand pouvoir en matière d’action et d’impôts aux régions et aux départements ». Le PS devra selon DSK faire passer une nouvelle étape forte à la décentralisation.

Une séance de questions a succédé au discours, pendant laquelle les militants sont intervenus sur les nombreux sujets qui touchent actuellement les français. Il a été notamment question de l’avenir de l’Europe, et des querelles internes au PS. Un exercice ou DSK a excellé.

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22 septembre 2006

Dominique Strauss-Kahn dans le Nouvel Obs du 21 septembre

DSK

Sur la politique de l’emploi avec Dominique Strauss-Kahn, "Le Nouvel Observateur" et la République des Idées ouvrent le débat. dsk répond aux questions de Philippe Askenazy, chercheur au CNRS, et Jérôme Gautié, directeur de recherche au Centre d’Etudes de l’Emploi.

Chers Philippe Askenazy et Jérôme Gautié,

C’est avec intérêt, et même gourmandise, que je vous réponds. J’aime les échanges sur les questions de fond. Je me méfie de ces périodes où l’on flatte un prétendu bon sens, elles ne présagent rien de bon.

Vous avez raison de dire que ce sera au prochain président de la République de prendre des initiatives. La mondialisation, le rythme du quinquennat, les exigences des Français, tout concourt à ce que l’on mette au rebut le président d’antan qui, à force de hauteur, finissait par ne plus être qu’un oracle. Je veux un président qui agisse. Je veux un président qui tienne la barre. Un président qui réponde aux cinq défis que vous abordez. Le premier est le défi de la connaissance.

Le défi de la connaissance
Je le dis dès le début, je partage votre diagnostic. C’est bien le retour à la croissance qui doit constituer notre première priorité parce que c’est la condition d’un débat serein sur la définition d’un nouvel équilibre entre les salaires et les profits, c’est-à-dire d’un nouveau compromis social.

Le retour à la croissance doit reposer sur plusieurs piliers. Le premier est celui de la coordination des politiques économiques en Europe. Nous nous sommes dotés d’une monnaie unique mais pas d’une politique économique commune. Cette faiblesse explique une partie du marasme économique de la zone euro et il appartiendra au prochain président de la République de convaincre nos partenaires de jeter les bases d’un « gouvernement économique » sans lequel toute promesse de croissance reste du domaine de l’incantation.

Nécessaire, la coordination des politiques économiques n’est pas suffisante. Pour assurer la croissance de l’emploi et du pouvoir d’achat, la simple prolongation du modèle existant est évidemment vouée à l’échec. Je suis déterminé à conduire à son terme la seule stratégie gagnante, celle qui repose sur l’économie de la connaissance. Classement après classement, nos universités sont éclipsées par les universités américaines, mais aussi devancées par trop d’universités européennes. Le retard pris dans le financement de la recherche publique et les difficultés de celle-ci à travailler avec le secteur privé, pire encore, la forme archaïque d’organisation de notre système universitaire fondé sur une faible autonomie, une faible compétition et de faibles moyens constituent des dangers mortifères.

Au delà, c’est tout notre modèle de développement qui est en cause. Nous devons préparer l’après-pétrole, ce qui nous conduira à des efforts considérables dans le domaine des énergies renouvelables et à un débat clair sur le rôle que nous entendons donner au nucléaire. Nous devons aussi apprécier la place qu’occuperont les services à la personne et notamment le défi qui représenteront les questions de santé. Je l’ai déjà écrit, ce modèle nouveau amène avec lui la biologie comme science dominante, les préoccupations environnementales comme principe de gestion publique, la qualité de la vie comme choix collectif.

Le défi de la formation

Il nous faut ensuite répondre au défi de la formation. Je suis, comme vous, préoccupé par ces dizaines de milliers de jeunes qui, année après année, sortent de notre système scolaire sans formation. Il n’est ni moralement acceptable ni économiquement supportable de voir ainsi tant de talents gâchés. Vous dites : « pas de coupes claires ». D’accord ! Mais je veux aller plus loin et insister sur ce que me semblent être les deux nœuds gordiens qu’il convient de trancher.

Le premier est celui des inégalités territoriales. Au prétexte qu’elles ne remplissent pas leurs objectifs, Nicolas Sarkozy propose de supprimer les zones d’éducation prioritaire. Tragique erreur ! Le problème des ZEP, c’est qu’elles n’ont de « prioritaires » que le nom : elles ne disposent que de 10% de moyens supplémentaires par élève quand les Pays-Bas sont à... 100%. Je fixe un objectif simple : moins de ZEP mais quinze élèves par classes dans les ZEP car, on le sait maintenant, c’est là la véritable clé de la réussite. Le second est celui de la petite enfance. Beaucoup se joue entre deux et six ans, quand se constitue ce que l’on appelle « le capital cognitif ». Je veux, comme cela se fait dans les social-démocraties du Nord, mettre en place un véritable service public de la petite enfance pour lutter contre les inégalités à la racine.

Le défi de la population
Le troisième défi est le défi de la population. Le vieillissement transforme notre pays qui n’a jamais connu un tel changement en si peu de temps ! Chacun le sait, cette rupture prend racine dans les progrès de la biologie, reformule les relations entre les générations, menace d’effondrement notre protection sociale. Elle pose aussi en termes nouveaux la question de notre démographie et, avec elle, celle des retraites et de l’immigration. S’agissant des retraites, je ne pense pas possible de réduire la durée de cotisation, mais je juge nécessaire de rétablir de la justice dans un système qui traite tout le monde de manière indifférenciée. C’est pourquoi il faut relancer la négociation pour tenir compte dans la durée de cotisation de la pénibilité du travail de chacun. Mais une France qui vieillit, c’est à terme une France qui meurt. Ce constat conduit à encourager la natalité, mais on sait combien ces efforts sont lents quand la confiance en l’avenir fait défaut. Il nous faut donc concevoir une politique d’immigration positive, balayant les vieilles craintes. Pour cela, il ne faut pas se tromper de problème. Nous n’avons pas trop de chômage parce que nous aurions trop de bras ; nous avons trop peu de croissance parce que notre population ne croît pas assez. Il ne s’agit pourtant pas d’ouvrir nos frontières à tous vents : l’immigration clandestine doit être combattue, mais il faut avant tout le faire en luttant contre tous ceux qui en tirent profit, les passeurs clandestins, les employeurs clandestins, les logeurs clandestins. Enfin pour que la pression reste supportable il faut bâtir un nouveau partenariat avec le Sud - et notamment avec notre Sud proche - que nous laissons honteusement s’enfoncer dans la misère.

En se saisissant de ces problèmes du long terme, le président de la République proposera ce qui fait le plus défaut aujourd’hui : une vision. Mais, pour rétablir véritablement la confiance, il devra également répondre à une seconde série de questions que vous soulevez autour de l’urgence sociale.

L’urgence sociale
L’urgence sociale touche d’abord ceux qui n’ont pas d’emploi. La réponse, on l’a vu, est avant tout, économique : sans croissance, pas d’emploi.

Aussi, n’est il pas nécessaire que je m’étende longuement sur le débat relatif à la flexibilité qui, bien souvent, n’est que le paravent bien transparent du « détricotage » du code du travail. Les réformes prônées par Nicolas Sarkozy - qu’il s’agisse du « contrat unique » ou, pire encore, de la liberté sans contrôle pour les licenciements économiques - n’auraient pas d’autres conséquences que de fragmenter et de fragiliser davantage encore notre société. J’y suis donc fermement opposé. Je propose, tout à l’inverse, d’utiliser l’instrument fiscal pour lutter contre la précarité du travail en modulant l’impôt sur les sociétés en fonction du comportement de l’entreprise en la matière.

Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’améliorations à apporter au fonctionnement du marché du travail, ce qui renvoie à votre question sur la « sécurisation des parcours professionnels ». L’enjeu est simple : les mutations professionnelles sont de plus en plus nombreuses ; elles accélèrent la progression de certains ; elles obligent d’autres à repartir de zéro. Il ne faut donc plus se contenter de protéger les postes, il faut renforcer les salariés en mutualisant ce nouveau risque professionnel. C’est pourquoi je propose que chaque salarié puisse bénéficier une fois dans sa vie d’une année de formation financée par tiers par l’entreprise, l’Etat et le salarié lui-même en repoussant de 4 mois son âge de départ à la retraite.

Cette urgence sociale touche aussi ceux qui ont un travail et qui, au fond, ont deux interrogations : leur salaire, leurs conditions de travail.

Le pouvoir d’achat est une préoccupation montante. Elle est légitime. Je veux insister sur l’organisation d’une conférence sur les revenus rassemblant dès le début de la législature tous les partenaires sociaux. Il nous faut définir pour les cinq ans qui viennent des modalités nouvelles de partage de la valeur ajoutée, tenir compte des efforts à produire en matière de formation, revaloriser les bas salaires et débattre des conditions de travail. Celles-ci constituent trop souvent un angle mort du débat public : je me souviens de l’indifférence polie que j’avais suscitée il y a près de trois ans lorsque je m’étais élevé contre la détérioration des conditions de travail qui n’est pas seulement liée au stress mais aussi aux troubles musculo-squelettiques. Il est aujourd’hui impératif de réagir.

Les leviers du changement
J’en termine par la série de questions qui concernent les leviers du changement : l’Etat et les partenaires sociaux.

L’Etat est un piètre employeur, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Je veux un Etat plus juste et plus efficace. Un exemple : il faut que l’Etat, auquel c’est aujourd’hui interdit, puisse signer de vrais compromis sociaux. Autre exemple : des remise en cause des droits acquis peuvent être nécessaires, elles doivent donner lieu à une indemnisation. Quant aux finances de l’Etat, l’engagement que je prends est de faire ce que j’ai déjà fait de 1997 à 2000 : faire baisser les ratio dette/PIB.

S’agissant ensuite de la démocratie sociale, je constate, pour le regretter, qu’il y a en ce domaine les discours des temps d’opposition et les actes des temps de pouvoir. Je souhaite que le contrat trouve, aux côtés de la loi, la place qui lui revient. A cette fin, je continue de défendre des propositions plus radicales que celles que vous évoquez : l’organisation d’élections permettant de mesurer la représentativité et d’augmenter la légitimité des syndicats ; la règle majoritaire qui doit conditionner la validité d’un accord collectif. Je crois au rôle des corps intermédiaires - syndicats, mais aussi associations ou partis politiques -, il faut donc les rénover en profondeur.

Voilà, en définitive, ce que doit être pour moi la mission du prochain président de la République : bâtir un nouveau compromis social-démocrate dans une économie mondialisée ; assurer une cohérence entre une vision du monde et des propositions concrètes ; être capable à la fois de fixer des principes et d’oeuvrer à leur mise en oeuvre. Je mesure qu’il s’agit là d’une conception nouvelle du rôle du président de la République. Je la crois adaptée aux temps nouveaux, difficiles et incertains.

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20 septembre 2006

Strauss-Kahn invité par Bill Clinton à New-York

5_gimg1571Invité par Bill Clinton et Kofi Annan, Dominique Strauss-Kahn a participé ce mercredi 20 septembre, en tant que représentant européen, au premier forum d'action Américano-arabe (Arab and American Action Forum) à New-York.

Hier il y avait rencontré la communauté française new-yorkaise, notamment les membres de la section socialiste de New-York.

Demain, DSK interviendra au côté de Bill Clinton dans le cadre de la "Clinton Global Initiative" (Fondation Clinton), forum mondial des grands défis mondiaux, avec notamment une table ronde sur l'intégration des communautés musulmanes dans les sociétés occidentales. DSK est l'un des rares français présents à ce forum.

Retrouvez sur le blog du Finistère avec DSK le podcast de la visite de DSK à la section PS de New-York et la relation du déplacement américain de DSK.

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Tous à la soupe pipolaire

segogalaC'est avec stupeur que François Hollande a appris aujourd'hui que sa compagne figurait (une nouvelle fois) à la une du magazine pipole Gala avec un article intitulé "Ségolène Intime" (sic). Cela une semaine à peine après qu'Arnaud Montebourg a, lui aussi, fait la une dudit magazine des "stars" sous le sobriquet de "Playboy de Ségolène" (resic).

Cette fois, l'américanisation de la vie politique française est bel et bien en marche. Est-ce une bonne chose, une mauvaise chose ? Chacun se fera son idée. Peut-être que les Français raffolent de cela. Du pain et des jeux. Soyons optimistes et osons espérer que le bon sens finira par l'emporter.

Passablement énervé, François Hollande a déclaré aux journalistes à Nantes que "la politique n'est pas un spectacle". Mais contrôle-t-il encore quelque chose ?

En prime, un morceau de bravoure des "gars de la Royal" qui chantent "Le Ségolène Royal Mix". Renseignements pris, il s'agit bien d'un soutien officiel (et non d'une parodie). Sous la ligne de flottaison...

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19 septembre 2006

Rocard soutient DSK et approuve Royal

europe_rocardDominique Strauss-Kahn est "le plus proche de ma manière de penser", déclare l'ancien Premier ministre, qui juge que Ségolène Royal "a raison" de ne rien dire sur son programme.

L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a renouvelé son soutien à Dominique Strauss-Kahn dans la course à l'investiture présidentielle, mardi 19 septembre, dans un entretien avec le quotidien gratuit Direct Soir.

DSK est "le plus proche de ma manière de penser. C'est un homme de négociation, Européen convaincu, reconnu au niveau international et doté d'une véritable connaissance du monde", explique le député européen.


Des munitions pour le sprint final

La campagne présidentielle "a commencé beaucoup trop tôt, cela devient lassant", regrette l'ancien Premier ministre. "Il est à craindre que, quand la vraie campagne commencera en février-mars, certains candidats qui sont en permanence dans l'effet d'annonce n'aient plus rien à dire et ne soient plus audibles."

"Quand Ségolène Royal ne dit rien sur son programme, elle a raison", poursuit-il. "Elle doit le réserver aux Français pendant la campagne officielle. (…) Toute campagne finit comme un sprint. C'est pour ce moment là qu'il faut des munitions."


Contre une alliance au centre

Interrogé sur les raisons de sa participation à l'université d'été de l'UDF, Michel Rocard souligne que "tant que le parti centriste n'aura pas fait son examen critique en matière d'économie, une coalition PS-UDF n'est ni souhaitable ni envisageable."

Concernant les régimes spéciaux de retraites, Michel Rocard affirme que "personne ne nie la nécessité de réformer". Mais contrairement à ce que fait Nicolas Sarkozy, "cela ne peut passer que par un travail préalable de négociation sociale avec les syndicats".

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